Le gouvernement a franchi hier une nouvelle étape dans la simplification administrative.

J’entends d’ici des auditeurs se dire (et pas seulement de Paris et de Calais) : voilà encore un sujet dont on parle beaucoup sans qu’il se passe grand-chose ! Cette fois, pourtant, quelque chose va changer avec ce qui a été annoncé hier par Thierry Mandon, le secrétaire d’Etat en charge. Une règle va être modifiée pour un millier d’autorisations administratives : le silence de l’administration vaudra accord. Qui ne dit mot consent. En clair, il ne sera plus nécessaire d’avoir un courrier écrit d’une mairie, d’un bureau, de l’Etat pour avoir certains droits. Si l’administration se tait, tant pis pour elle. C’est une évolution notable évidemment parce que cela bouleverse un système en place depuis 150 ans et que le temps perdu jusqu’ici coûte cher. Mais ce n’est pas la seule information intéressante du communiqué de presse de l’Elysée hier. On y lit qu’il a fallu, pour aboutir à ce résultat, inventorier, lister, examiner, trier, 3.600 procédures d’autorisations … Vous avez entendu : il existe 3.600 situations où un particulier, une entreprise doivent demander une autorisation. Si je sifflais bien, j'émettrais bien un long sifflement !

La simplification, c’est vraiment un travail herculéen.

Absolument, et le drame, c’est que cela ne rapportera jamais un seul bulletin dans les urnes. François Hollande et le gouvernement annonceront une nouvelle batterie de mesures jeudi prochain, avec notamment un bulletin de paie simplifié. Bon, on verra. Mais j’aimerais, pour vous convaincre de la difficulté de l’affaire, vous raconter une anecdote. En juin dernier, la ministre du Logement présente 50 mesures de simplification pour la construction de logements. Les normes pour les ascenseurs, la suppression des sas aujourd’hui obligatoires entre les toilettes et le séjour, la surface nécessaire pour qu’un fauteuil roulant passe et bien d’autres choses encore : le catalogue de Sylvia Pinel est épais – et utile. La 44ème mesure -nous y voilà- annonce, elle, la suppression de l’obligation d’installer un conduit de fumée (une cheminée) dans chaque maison neuve chauffé à l’électricité. Cette obligation date de 2005, a fait l’objet de plusieurs arrêtés et circulaires. Son objectif officiel, C'est de permettre au propriétaire du logement de passer, un jour, au chauffage au bois … Sauf qu’installer systématiquement une cheminée renchérit le prix de la construction de 1%, ont calculé les experts. Et que se chauffer au bois n’est pas forcément économique –cela peut aussi être interdit comme à Paris. Eh bien, pour supprimer cette petite obligation toute simple, quatre mois après, ce n'est toujours pas fait. Le lobby des fabricants de cheminée a résisté, le ministère du développement durable a râlé... . Courriers dans tous les sens, des expertises … A l’heure où je vous parle, le décret est sur le bureau de Ségolène Royal qui ne l’a toujours pas signé. La simplification, c’est pire que les travaux d'Hercule, c'est une lutte contre un ogre insatiable.

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