Il a ainsi battu le record de 2007, juste avant la crise financière. Qu’est-ce qui explique une telle progression ?

Vous savez, les traders sont un peu comme des agents immobiliers : quand les prix montent, leurs commissions suivent. C’est exactement ce qui s’est passé l’an dernier, avec des cours de Bourse qui ont bondi de près de 20%. Merci l’océan d’argent dans lequel baigne la finance aujourd’hui, merci aussi les baisses d’impôts de Donald Trump. 

La hausse n’est donc pas extravagante. Ce qui est vraiment étonnant, c’est le niveau des salaires et des bonus de la finance. Même en 2009, année effroyable pour l’économie s’il en fut, chaque cadre de Wall Street a tout de même gagné en moyenne plus de 300.000 dollars.

Alors pourquoi ces revenus très élevés dans la finance ?

Il y a trois explications et un mystère. 

La première explication, c’est que la finance s’est mondialisée. Les traders travaillent donc à plus grande échelle.

Ensuite, la population vieillit. Il y a plus d’épargne retraite, et ça apporte du business sur les marchés. 

Enfin, aux Etats-Unis, la finance s’est concentrée depuis la crise de 2008. Il y a moins de salariés à Wall Street, moins de concurrence, ce qui fait monter prix et salaires. 

Mais il y a aussi un vrai mystère. Quand il y a des revenus beaucoup plus élevés dans un secteur que dans les autres, les économistes affirment souvent qu’il y a une rente. Or ils ont beaucoup de mal à expliquer l’origine des rentes apparemment colossales qui se sont formées dans la finance.

Que faire si on veut calmer le jeu ?

On pourrait bien sûr taxer les super rémunérations. Les Américains n’ont cependant pas très envie de revenir aux 91% prélevés aux Etats-Unis sur les très hauts revenus pendant la guerre de 39-45. L’Europe, elle, a créé des garde-fous, comme l’obligation d’étaler les bonus sur cinq ans. Mais le plus efficace serait de comprendre la rente de la finance pour la démantibuler. Et ici, tout reste à faire. 

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