L'actuel PDG d'Atos, ex-ministre de l'économie de Jacques Chirac, est pressenti pour être le candidat français à la Commission européenne, en remplacement de Sylvie Goulard. Reste à s'assurer de la confiance des députés européens sur la question d'éventuels conflits d'intérêts.

Thierry Breton
Thierry Breton © AFP / ERIC PIERMONT

On connaîtra d’ici trois jours le nom du nouveau candidat français pour la Commission de Bruxelles. Candidat qui doit remplacer Sylvie Goulard, laquelle a été sèchement recalée par le Parlement européen pour des raisons éthiques et politiques. La question posée est simple : trouver un ou une candidate qui ait assez de notoriété pour effacer l’échec cuisant d’il y a dix jours, vérifier qu’elle ou il sautera bien l’obstacle cette fois-ci des députés européens. 

Qui sont les candidats principaux ? 

Dans ce genre de période, on entend tout et son contraire. Il y a les candidats qui ont zéro virgule zéro chance, mais qui appellent les médias en espérant que leur nom sera cité. Ça marche souvent – un ancien fonctionnaire de Bruxelles est fort à ce jeu-là. Il y a les personnalités inemployées, on pense alors à elles, même si ce n’est pas sérieux, comme Guillaume Pépy, qui quitte la SNCF dans huit jours. Et puis il y a les noms éternellement cités, par habitude et paresse, comme Ségolène Royal

Les vrais pressentis, eux, ne disent rien, ne répondent pas au téléphone. Michel Barnier, qui s’occupe brillamment du Brexit, coche beaucoup de cases mais il déjà été commissaire deux fois et il appartient au PPE qui a humilié Emmanuel Macron. Un autre nom apparaît ce matin, cité par Le Canard Enchaîné et dont on peut confirmer d'au moins deux sources fiables que c'est sérieux : celui de Thierry Breton, 64 ans, un ancien ministre de l’économie de Jacques Chirac, ancien patron de France Télécom, qui est aujourd’hui PDG d’Atos, très belle société informatique. 

Il connaît le numérique, l’industrie et les questions de défense, il avait porté l’idée d’un fonds européen de défense. Ursula Von der Leyen, à Bruxelles, le connaît. Mais bien sûr, l'Elysée doit vérifier qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts. Hier soir, aucun conseiller ne s’aventurait à dire : c’est fait. 

Mais l’essentiel, c’est le poste

Aux yeux de Paris depuis le début, l’idée est de conserver le portefeuille large imaginé : le marché intérieur, qui va de la libre circulation des biens et des personnes à (je plaisante à peine) la taille des bananes et des cuvettes de toilettes ; et aussi l’industrie, la défense et l’espace. 

Mais la France lorgne discrètement, en plus, un autre poste clé, celui de directeur général de la Concurrence dans un organigramme très allemand. 

Le vrai pouvoir est parfois aussi celui qui ne se voit pas. Ça, Nicolas, c'est la seule chose sûre et certaine à 100% de cet édito !

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