Cette conférence environnementale a montré que François Hollande et Jean-Marc Ayrault pouvaient concilier, dans ce domaine, les exigences du long terme et les contraintes du court terme. Depuis une semaine et l’ultimatum posé par les Verts sur la réponse écologique, on entendait des ricanements : François Hollande a plus peur de Pascal Durand que de Bachar El-Assad ! Le gouvernement a trouvé un compromis subtil et malin à quelques jours de la présentation du nouveau rapport du GIEC, vendredi prochain, qui devrait être encore plus alarmiste que les précédents sur le climat.C’est d’abord le cas, selon vous, sur les ambitions.La France réaffirme son ambition de mettre en place des moyens pour prévenir, limiter le réchauffement. Dans le monde, il y a aujourd’hui deux attitudes. Ceux qui croient qu’on peut le ralentir, qu’on doit le faire, et ceux qui sont déjà dans la logique de la seule réparation des dégâts du réchauffement et des inondations – c’est le cas des Etats-Unis. La France, qui accueillera la conférence climat en 2015, se fixe des objectifs, par exemple, baiser de 30% la consommation de pétrole, gaz et charbon d’ici 15 ans. C’est très ambitieux, mais l’Europe a d’ores et déjà montré qu’elle est capable d’efforts considérables dans ce domaine des pollutions depuis vingt ans. Savez-vous, par exemple, que les émissions de CO2 des voitures ont reculé de 16% depuis 2007 en Europe ? C’est donc possible. Sur le plan fiscal, le gouvernement cherche un équilibre.Il n’y aura pas de hausse du prix du gazole l’an prochain, mais la création de la contribution climat énergie s’inscrit dans les pas de la taxe carbone de 2009. Je ne sais pas à quelle température Patrick, André – qui est à côté de moi à Paris -, vous vous chauffez, combien de fois par jour vous rechargez vos portable mais nous sommes tous drogués à l’énergie pas chère. Le prix de l’énergie augmentera, mais le gouvernement, en diminuant à 5% le taux de TVA sur les travaux de rénovation thermique, encourage des changements inéluctables. Et puis, le discours sur le nucléaire apparaît raisonnable.Jean-Marc Ayrault a annoncé que l’énergie nucléaire serait mobilisée pour financer des investissements dans les énergies nouvelles. Le schéma auquel on peut penser est malin. EDF travaille sur un allongement de quarante à soixante ans de la vie des centrales nucléaires – l’entreprise vient de détailler ses projets devant le comité central d’entreprise. C’est un gros cadeau à EDF, qui en contrepartie devra sans doute verser beaucoup d’argent à l’Etat qui l’utilisera pour la transition énergétique. C’est malin.Il y a une phrase du discours de Jean-Marc Ayrault qui vous a semblé marquante.Oui, le Premier ministre refuse d’opposer environnement et croissance, il récuse le mot de décroissance, ce qu’il appelle la vision récessionniste de la transition énergétique, pour défendre de nouveaux modes de consommation et de déplacement. Le message aux écologistes décroissants est donc sans ambiguïté.

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