Le scandale Volkswagen : la confiance pourra-t-elle se rétablir avec les constructeurs automobiles ?

Cela dépend de ce que vous appelez la confiance ! Si la question est : est-ce que, après cette tricherie, les clients vont arrêter d'acheter des voitures des marques Volkswagen ou d'autres marques ? La réponse est sans doute que non. Les Américains, les Européens ont besoin de se déplacer. Peut-être moins de diesel, mais c'est déjà une tendance à l'œuvre y compris en France. En revanche si la question est : est-ce que la confiance est entamée entre l'opinion publique et les constructeurs ? La réponse est oui, pour quelques temps au minimum. D’abord parce que l'affaire Volkswagen est exceptionnelle, elle porte sur 11 millions de véhicules. A tel point que Louis Schweitzer, l’ancien patron de Renault y voit la plus grande fraude de l’histoire automobile. Ensuite, parce que des problèmes, il y a en a eu d'autres ces dernières années. Petit rappel, il y a eu Toyota et sa pédale d'accélérateur coincée, plusieurs millions de voitures ont été rappelées. Chez General Motors, la clé de contact se mettait à l'arrêt inopinément – même rappel de millions de véhicules. Il y a eu des morts. Avant l'été, le scandale a concerné les airbags Tanaka qui explosaient – là, ce sont des dizaines de millions de voitures. Et donc Volkswagen. Pourquoi ces séries noires ? Peut-être parce que l'automobile est l'un sinon le secteur le plus concurrentiel au monde. Chaque dollar, chaque euro compte. Ce sont des entreprises énormes, où la pression est énorme sur les ouvriers, les ingénieurs, la hiérarchie. A chaque niveau, il y a des objectifs durs et ambitieux. Et du coup les règles éthiques sont parfois mises de côté, et des lignes blanches sont franchies. De l'avis des industriels du secteur, Volkswagen et ses 600.000 salariés est un cas à part, avec un management très dur.

Est-ce que les ponts sont définitivement coupés entre l'industrie auto et les défenseurs du climat ?

Ne noyons pas le bébé dans l'eau du bain. C'est vrai, la diminution de la pollution par les voitures est moins forte que ne le disent les constructeurs. Mais sur les particules fines, le CO2 et le Nox, les émissions sont tout de même infiniment moins importantes qu'il y a 15 ans.

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