Le Parlement européen réclame des informations sur les contrats négociés entre la Commission européenne et les grands laboratoires pharmaceutiques du monde entier - contrats qui concernent bien sûr le vaccin contre la Covid-19.

Le parlement européen veut connaitre les dessous des contrats entre labos et commission européenne
Le parlement européen veut connaitre les dessous des contrats entre labos et commission européenne © Getty / Javier Zayas Photography

C’est le Parlement européen qui s’émeut -à juste titre- et qui aimerait en savoir plus. 

C’est vrai qu’il y a quelque chose de bizarre et disons-le de choquant. Bruxelles a déjà conclu avec Sanofi et AstraZeneca, et négocie avec quatre autres industriels. On parle de plus d’un milliard de doses préréservées pour une enveloppe sans doute supérieure à 10 milliards d’euros. On dit « sans doute » parce qu’en fait on n’en sait rien, les communiqués qui tiennent l’opinion européenne au courant ne dépassent pas une page. On ne connaît pas le montant de chaque contrat, les coûts, les marges, les partages de responsabilité s’il y a un problème sur un vaccin, on ne sait pas non plus qui aura la propriété intellectuelle. 

Aux Etats-Unis, au moins, on connaît le montant de chaque contrat. Du coup, Pascal Canfin, président de la Commission environnement et santé du Parlement européen, a organisé hier des auditions des laboratoires et de l’agence européenne des médicaments pour essayer de recueillir des informations – Sanofi et l'Allemand CureVac sont venus, pas le Britannique AstraZeneca

Pour être franc, le succès de ces auditions a été mitigé. Le Parlement ne demande pas la publication des contrats -il y a des secrets industriels à protéger-, mais d’en savoir plus. On a quand même appris que les Européens ne seront pas obligés de payer toutes les doses commandées si le vaccin ne tient pas ses promesses. 

On a appris d’autres choses. Il faudra deux injections et, pour vacciner la moitié de la population mondiale, huit milliards de doses par an seront nécessaires, alors que la capacité mondiale de production tous vaccins confondus est aujourd’hui de 5 milliards de doses. 

Sanofi envisage de fabriquer à lui seul un milliard de doses d’ici la fin 2021. Il y a clairement des enjeux industriels pas évidents. On a appris enfin que Bruxelles s’engage formellement à publier toutes les données scientifiques et cliniques sur les essais et les vaccins à chaque fois et en même temps qu’ils obtiendront les autorisations de mise sur le marché, les fameuses AMM. 

Aux yeux d’un néophyte, cela semblait évident, mais bon il paraît que cela ne coulait pas de source.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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