La France devrait bientôt avoir des éoliennes en mer… L’Etat lance donc un énorme programme… Oui, c’est impressionnant. Le ministère de l’Ecologie fignole l’appel d’offres qu’il devrait lancer le mois prochain. Le but est de construire une puissance de 3.000 mégawatts. Ca fait autant que la production de deux centrales nucléaires, ou la consommation de Lyon et Marseille réunies. Pour y arriver, il faudra monter au bas mot 600 éoliennes. Mais les Français apprécient ces immenses mats couronnés de trois pales seulement sur papier. Dès qu’il est question d’en construire près de chez eux, ils protestent. Il y a des vibrations, ce n’est pas joli, ça fait du bruit. C’est le syndrome Nimby – not in my backyard, pas dans le jardin derrière ma maison. Résultat : il est beaucoup plus difficile de faire un moulin à vent en France qu’en Espagne, en Allemagne ou au Danemark. Du coup, ce projet géant porte sur la mer, au large de la Normandie, du nord de la Bretagne, des pays de la Loire et du Languedoc. Et même là, c'est compliqué. Les pêcheurs bretons de Saint-Jacques ne sont pas contents, car les fermes éoliennes devraient être installées à 10 kilomètres du rivage, en plein dans leurs zones de pêche. Ils veulent qu’elles soient construites deux fois plus loin. Là, il y a les pêcheurs de bulots qui travaillent, mais ils seraient apparemment moins pénalisés par les installations que leurs collègues des Saint-Jacques. Ce projet contesté va-t-il coûter cher ? Oui, il y en aurait pour 15 à 20 milliards d’euros. Des contrats alléchants qui vont attirer de grosses entreprises, comme les français GDF Suez et Alstom, l’Espagnol Iberdrola ou l’allemand Siemens. Mais en même temps, ça s’annonce très compliqué. Il faudra faire des études très poussées des fonds marins, pour voir comment arrimer les plateformes, et puis il faut construire des équipements capables de résister à la corrosion du sel. Au total, le kilowattheure coûte deux fois plus cher que celui des éoliennes terrestres qui est lui-même plus cher que le nucléaire. Ca ne vaut le coup que parce qu’il y a une belle subvention à la clé. Mais par les temps de disette budgétaire, ça pourrait être fragile. En Espagne, le gouvernement vient d’annoncer qu’il réduisait d’un tiers ses primes à l’éolien. Et en France, c'est la subvention au solaire qui va être raboté, pour reprendre un mot à la mode. Mais au moins, l’éolien permet de lutter contre les émissions de CO2 ! Oui, quand il y a du vent. Mais il n’y a pas toujours du vent. Quand ça ne souffle pas, ou pas assez, ou trop fort, il faut produire de l’électricité autrement. Et tout de suite : pas dans un jour ou une semaine, sinon c’est la panne. Or les seules énergies assez souples pour démarrer d’un claquement de doigt, c’est le gaz, le fioul ou le charbon qui eux émettent une bonne dose de CO2. Ou bien l’hydroélectricité des barrages, mais en France on a déjà fait tout ce qu’on pouvait faire. Enfin, il faut bien voir que ce n’est qu’une toute petite partie de la production d’énergie. A l’échelle de la planète, c’est 0,4%. Autrement dit, ça représente un jour et demi d’une année de production. Même dans les rêves les plus fous, on arrive à dix ou quinze jour sur 365. Ca ne peut être qu’un petit complément. Un appoint néanmoins utile, car dans quelques années, quand le pétrole va se raréfier, toutes les énergies seront bonnes à prendre.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.