Ce matin, un ou deux débats entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

C’est un sujet économique, vous allez voir, parce que l’économie, les inquiétudes sociales, les doutes européens dont les marchés financiers ont encore témoigné hier (-3% à Paris), tous sont au cœur de cette campagne présidentielle. Et oui, plusieurs débats entre les deux finalistes seraient nécessaires. Une fois dit cela, il faut préciser que : 1 - l’idée a été lancée trop tard pour être imposée à quelqu’un à cette élection là ; 2 - le président se trompe s’il croit remporter à coup sûr le match télévisé, François Hollande est tout sauf un manchot verbal ; 3 - l’envie de Nicolas Sarkozy d’une floraison de débats contraste avec sa communication un peu surannée depuis cinq ans puisque la France est le seul pays où elle est si formatée. Tout cela étant dit, oui, plusieurs face-à-face seraient utiles et on voit bien que le refus des socialistes est très politique.

Alors, utiles, pourquoi ?

D’abord parce qu’à l’étranger, la pratique s’étend. Aux Etats-Unis, il y aura trois débats en octobre. En Grande-Bretagne, il y en a eu trois aux dernières élections, chacun avec des thèmes différents. En Espagne, un ou deux. L’Allemagne s’y met. Ensuite, il est bizarre de voir le succès des réseaux sociaux, de la communication interactive, de l’envie d’échanges et de voir que les candidats se parlent par personnes interposées - dans les meetings, interrogés par des journalistes, par des petites phrases – (se parlent) sans quasiment jamais être l’un en face de l’autre. Cela ne colle plus avec une époque qui veut de la spontanéité, pas des éléments de langage tout préparés.

Et, donc, l’économie ?!

L’ampleur des changements en cours dans le monde, des sujets sur la table, de la crispation sociale sont telles qu’il est curieux d’avoir une seule confrontation. En 2007, le duel Royal-Sarkozy avait duré 159 minutes : qui les écoutait encore à la fin ? A Londres, c’est trois fois 90 minutes. L’Europe, la mondialisation, le protectionnisme, le pouvoir d’achat, 30 ans de chômage et de déficits publics, le modèle social, les impôts, la Chine, l’innovation : le pays est au pied du mur. Tout cela ne peut se traiter en tranches de dix minutes par sujet.

Il y aurait un sujet tout trouvé de confrontation directe…

Que l’actualité fournit. Hier, l’ensemble des Bourses européennes ont dévissé, à cause de mauvais indicateurs conjoncturels, de la situation politique aux Pays-Bas qui fragilise le plan de redressement des comptes publics et – dans une toute petite mesure – de l’incertitude française. Sans avoir besoin de dramatiser, les créanciers sont à nos portes. La Grèce, l’Espagne, l’Italie en ont vu les effets. Quelle relance de la croissance au-delà des généralités ? La rigueur tue-t-elle le malade ? Jamais l’enjeu n’a été aussi fort. La dimension économique de la présidentielle mérite à elle seule un débat entier, à la télévision, à la radio ou dans la presse écrite. Si ce n’est pas 2012, c’est dommage ; sinon ce sera 2017.

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