Le Salon automobile de Pékin va pousser les voitures électriques.

Oui, cela va être très frappant à partir de mercredi. La Chine est devenue (le savez-vous ?) le premier marché automobile au monde, avec 25 millions de véhicules vendus en 2017 (15 millions en Europe), et le pouvoir politique impose le virage vers l’électrique de façon extrêmement ferme, c’est bien davantage que de la direction assistée - ce qui fait passer par comparaison Anne Hidalgo pour une aimable écolo bisounours (c'est dire). 

Alors comment ? Pékin a tout simplement fixé des quotas. En 2019, 10% des immatriculations doivent concerner des véhicules électrifiés – c’est-à-dire électrique à 100% ou hybride rechargeable ; en 2020, le quota montera à 12%. Et cela va continuer à grimper, c’est prévu. Donc, on va vite arriver vite à deux millions de voitures électrifiées par an, à comparer à nos 100.000 en France aujourd’hui. 

Le plus intéressant est que les constructeurs chinois mordent à pleines dents ce marché : ils ne sont pas excellents sur les motorisations thermiques classiques, essence ou diesel, du coup ils sautent une génération et passent à l’électrique. Il faut savoir que les Chinois produisent déjà 65% des batteries électriques dans le monde et contrôlent les matières premières comme les terres rares. 

A partir de là, l’objectif est en réalité double du point de vue des autorités politiques chinoises : limiter un peu la pollution abominable dans les villes et donner un coup de pouce aux industriels chinois. Une fois de plus, on voit que les Chinois (pays politiquement dictatorial), que ces Chinois pilotent leur développement en raisonnant à long terme. 

Mais attention à ne en faire des modèles et ne nous disons pas que les régimes autoritaires s’en tirent mieux que les démocraties: il y a dix ans, le gouvernement chinois n’a absolument pas anticipé la pollution qui asphyxie ses villes  !

Mais cela nous oblige quand même à réviser nos classiques...

Depuis 30 ans, nous sommes persuadés que l’Occident innove et que les pays émergents copient tant bien que mal et qu’ils n’ont pas la qualité. Eh bien, 96% des véhicules électriques vendus en Chine sont produits par des constructeurs locaux, dont les noms nous sont à peu près inconnus : BYD, Beijing Electric Vehicle, Geely… Geely, quand même, c’est le propriétaire de Volvo, groupe qui a annoncé qu’il ne vendra plus de véhicule thermique après 2019. 

Quelle conclusion pour nous ? Elle est simple. Les Chinois espèrent bien que la voiture électrique sera leur cheval de Troie pour attaquer les marchés américains et européens.

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