Le gouvernement traîne comme un boulet depuis un mois le sujet des masques anti-virus. Il a raté la première phase de la distribution aux soignants (mais c'est réglé). Le rendez-vous est désormais fixé au 4 mai avec le grand public.

Nous saurons le 11 mai si tous les Français qui le souhaitent ont pu se procurer un masque pour se déplacer dans les transports (où ils seront obligatoires), sur leur lieu de travail s’ils y retournent, et dans les lieux redevenus publics si nécessaire. 

De toute évidence, les pouvoirs publics ont raté le début de la première manche, celle des masques des soignants. Certes, les besoins avaient été multipliés par dix en dix jours et étaient difficiles à prévoir. 

Mais il en a manqués dans les hôpitaux et les Français ordinaires ont trop longtemps entendu, à tort, que les masques étaient pour eux inutiles alors que toute l’Asie en porte -leur usage protège moins néanmoins que de se laver les mains (voir ce bon blog sur l'hygiène). 

Bref, pour cacher la pénurie, on a fait de nécessité vertu, et cela s’est vu. Les soignants en ont maintenant, 100 millions de masques professionnels sont par exemple  reçus cette semaine, et le gouvernement promet une production nationale de 50 millions par semaine après l’été -c’est l’auto-suffisance. Voilà. 

S’agissant maintenant de la seconde manche, celle des masques grand public, la ministre en charge, Agnès Pannier-Runacher, annonce aux Echos que c’est à partir du lundi 4 mai qu’ils commenceront -commenceront- à être disponibles partout. 

Mais le gouvernement doit encore décider où : pharmaciens, mairies, grande distribution, buralistes, plateformes ou commerce en ligne, les uns ou les autres, ou tous à la fois. 

Pour l’instant, la vérité est que la production est insuffisante, qu’il en manque, que les pouvoirs publics rament pour en trouver, et que le secteur privé est las d’attendre des décisions qui tardent. Les pharmaciens, par exemple, sont mécontents et les buralistes en vendront, eux, dès le 30 avril. Les entreprises privées, elles, se débrouillent (il en faudra pour retravailler dans un bon nombre d'entreprises, par exemple Engie).

Le gouvernement peut-il s’en sortir ?

La première question iconoclaste serait de se demander si c’est à l’Etat de fournir des masques à 67 millions de Français. Aucun autre pays ne le pense... 

En fait, le rôle de l’Etat est surtout d’en fournir à tous ceux qui n’ont pas les moyens de les financer. Son rôle, c’est aussi, en période d’urgence, de piloter la constitution d’une filière industrielle. 240 entreprises se sont lancées dans la fabrication de masques en tissu pour le grand public. 

Peut-être regrettera-t-on dans six mois une surproduction de masques en France. Mais il y a plus de chances qu’il nous paraisse bientôt aussi normal et banal de porter un masque qu’un pull en hiver quand il fait froid. 

Hélas trois fois hélas.

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