Il est évidemment difficile de résumer une année qui a vu la récession la plus forte en temps de paix depuis les années 30, l’arrivée du premier président noir aux commandes des Etats-Unis, des négociations planétaires sur le climat et la spectaculaire montée en puissance de pays qui ne sont plus émergents mais bel et bien émergés. C’est difficile mais il est quand même possible de le faire en retenant deux lignes de forces : 2009 a été une année de rupture(s) et une année d’accouchements. Une année de bouleversements et une année de balbutiements. Une année brutale et une année de mouvements de balanciers. Donc, d’abord des ruptures… La plus évidente concerne l’économie. Après une décennie de croissance soutenue, la marche s’est brutalement interrompue et la récession a frappé, certains pays violemment, d’autres plus modérément. Cela a été – voilà la rupture par rapport au passé – la première crise globale de l’humanité, elle a touché le monde entier. S’il fallait donner une seule image, c’est celle d’un patron chinois que j’ai rencontré découvrant un matin de janvier sur la chaîne télévisée CNN que sa banque américaine était en difficulté, et rappelant dans l’heure ses bateaux de jouets en train de quitter Singapour. En cette fin d’année, la crise financière est terminée, mais la reprise est très fragile et, surtout, dispersée. L’autre rupture est bien sûr celle du modèle et de la pensée économiques. Après dix ans de retrait de l’Etat et de domination de la finance, le retour de cet Etat a été spectaculaire, comme pompier, parfois comme architecte d’un nouveau système, mais il semble temporaire. L’économie de marché n’est pas vraiment remise en cause – à condition qu’elle change. De ce point de vue, la crise n’a pas profité à Olivier Besancenot. 2009, aussi une année d’accouchements… Celui d’un monde où l’Occident n’est plus seul à la barre. On cite toujours la Chine, déjà ou bientôt la deuxième économie mondiale, mais il y a l’Inde et le Brésil. Juste, là encore, une image : le début de la crise a coïncidé avec les JO de Pékin, symbole triomphant ; en fin de parcours, la Chine a encore triomphé à Copenhague. L’exemple le plus « frais » : l’annonce, hier, du rachat de Volvo par le chinois Geely. Le second accouchement, c’est celui d’une nouvelle gouvernance mondiale. Il faut plutôt parler de balbutiement, on a vu peut-être plus de réunions que de résultats – encore que cela se discute -, mais les G2, les G4, les G20, c’est nouveau. C’est une promesse. D’autres accouchements encore … Absolument, ce sont des révolutions industrielles nées cette année. L’Iphone et tous ses équivalents marquent une nouveauté radicale, celle de l’homme nomade et relié au monde. On n’a pas fini d’en découvrir les applications. Dans l’industrie traditionnelle, la page est – peut-être – en train de se tourner sur l’automobile du XXème siècle avec les projets, partout, de voiture électrique qui feront – peut-être encore – oublier un jour un siècle de moteur à explosion. C’est en 2009 que ce virage a été pris, et c’est un accouchement qui, cette fois, marquera aussi une rupture ! Mais de tous ceux que j’ai évoqués, c’est cet accouchement là qui sera le moins douloureux.

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