Pourquoi les Français se sont-ils pris de passion pour la création d’entreprises ? Sur les onze premiers mois de 2019, 750 000 entreprises ont été créées. C’est plus que sur toute l’année dernière.

Boom des créations d'entreprises en France
Boom des créations d'entreprises en France © Getty / Thomas Barwick

Vous vous en souvenez peut-être, un jour, l’ancien président américain, George W. Bush a dit : 

The problem with the French is that they don’t have a word for entrepreneur 

Soit, en bon Français, si vous n’avez pas compris mon accent texan :

Le problème avec les Français, c’est qu’ils n’ont pas de mot pour entrepreneur

Eh bien, si, George, nous en avons un et nous savons entreprendre. La preuve, c’est que jamais les Français n’ont créé autant d’entreprises

En 2019, 750 000 entreprises ont été créées soit plus que toute l’année dernière

Alors comment expliquer ce soudain besoin d’entreprendre ? Par envie d’abord. Dans l’imaginaire du capitalisme, l’entrepreneur, c’est le nouvel aventurier, celui qui invente le monde de demain à l’image de Steve Jobs. Une partie des jeunes juge que l’entrepreneuriat est un meilleur moyen de s’épanouir que le salariat. Ils veulent devenir leur propre patron. Ils n’ont pas tort, les jeunes. Quoi de plus énervant qu’un rédacteur en chef qui vous réécrit une phrase sur deux de votre chronique ? Mais ce n’est pas la seule raison. La technologie et l’avènement des plateformes sur Internet changent les formes de travail et poussent à plus de flexibilité, à des chauffeurs Uber et des livreurs Deliveroo. Il y a aussi, il faut l’avouer, du dépit chez certains. Faute de trouver un emploi sur le marché du travail, on le crée. Enfin, la dernière raison, c’est l’optimisation fiscale. En créant une société sous un certain statut ou sous un autre, on baisse ses impôts. 

Ce boom des créations d’entreprises : une bonne nouvelle

Parce que pour être dynamique, une économie a besoin d’entrepreneurs. Mais ne tombons pas dans l’angélisme. Tout n’est pas rose. Trois ans après leur création, seul un tiers des micro-entreprises existent encore. Et le revenu moyen des micro-entrepreneurs en activité n’était que de 470 euros par mois en 2017, bien en dessous du seuil de pauvreté. On est bien loin de la « start-up nation », vantée par le Président de la République. Bref, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Les Bill Gates, les Jeff Bezos et autres Bernard Arnault sont d’abord des exceptions. 

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