C’est l’ouverture de la saison des concours et examens d’entrée dans ce que l’on appelle les grandes écoles.

Oui, la saison a commencé samedi et dimanche, quand environ 5.000 lycéens ont planché pour l’examen d’entrée à Sciences Po Paris. Suivront dans les semaines à venir, les concours pour les IEP de province, les écoles de commerce et d’ingénieurs, qu’ils soient passés (ces concours) l’année du Bac ou après les classes prépa. Au total, bien plus de 50.000 jeunes vont stresser et -on l’espère- briller. C’est peu par rapport aux gros bataillons des inscriptions universitaires. Mais si on en parle ici, dans une chronique économique, c’est que ces jeunes formeront plus tard (pas seulement eux naturellement) (formeront) une partie importante de l’encadrement économique et technologique de notre pays.

Ce qui frappe est qu’il y a de plus en plus de candidats aux concours et que la sélection est donc plus vive.

On est impressionné par la compétition dans laquelle acceptent de rentrer les lycéens et étudiants. A Sciences Po Paris, le taux de réussite tourne de 14%. Mais comme cet examen n’ouvre les portes que de cette école, tous les recalés devront tenter leur chance ailleurs ! C’est la différence avec les autres concours qui permettent de se présenter à une batterie d’écoles : côté commercial, à HEC, mais à beaucoup d’autres ; côté ingénieurs, à Polytechnique ou Centrale, mais pas seulement. Le nombre de candidats aux écoles de commerce a par exemple grimpé d’un tiers en dix ans. Et c’est la même chose dans tous les secteurs. Bref, il y a un appétit pour ces formations élitistes (il faut le dire) qui promettent une garantie de l’emploi à la sortie.

Mais le système français d’écoles a changé ces dernières années.

Il y a eu trois évolutions notables. Un : le nombre d’écoles a explosé, à tel point que le mouvement actuel est plutôt celui d’une re-concentration pour raisons financières. Deux : contrairement à une image tenace, presque quatre jeunes sur dix intégrèrent ces écoles par des voies parallèles, selon une étude de la conférence des grandes écoles qui sera bientôt publiée : BTS, DUT et bien d’autres voies. Ces écoles sont donc de plus en plus ouvertes. Trois : l’évolution la plus spectaculaire concerne l’internationalisation des parcours. Il n’existe presque plus de scolarité sans une année d’étude + un stage en entreprise de plusieurs mois à l’étranger. Pour ces jeunes et ces générations, la question du niveau en anglais, du bilinguisme, est (enfin) réglée. Il était temps.

Reste un vieux conflit entre ce monde des écoles et celui de l’université…

… oui, sur les moyens mis à disposition par la Nation, en clair par le Budget de l’Etat, à ce système d’écoles que le monde des universités juge trop privilégié. En réalité, la question se pose surtout sur les classes préparatoires parce que l’immense majorité des écoles sont aujourd’hui privées, donc payées (et très cher) par les étudiants ou leurs familles.

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