Ce matin, Dominique Seux, la loi El Khomri, le temps de l'exagération et celui de la grande explication. Nous entrons dans un moment bien connu en France celui où un conflit social se noue se cherche, grossit, avant peut-être de se dégonfler ou au contraire d'enfler encore. Syndicats réunis hier, collectifs qui se montent et gauche de la gauche qui espère que la mayonnaise va prendre: le social bourgonne. Mais c'est aussi le temps où les mots et la chose, pour citer un célèbre poème coquin du XVIIIème siècle, le contenu du projet El Khomri et ce qui en est dit commencent à diverger sérieusement. Pourtant bien loin de ce qui se fait sur le plan social au Royaume-Uni ou en Allemagne, ce texte est déjà caricaturé. La pétition des 400.000 signatures dont on parle beaucoup aligne ainsi les contre-vérités factuelles sur le projet. Contre-vérités que la CFDT a évoquées dans un communiqué hier, en en citant une, sur le temps partiel . A vue de nez, un tiers de ce qui écrit est approximatif ou faux. Mieux : Un institut de sondage a demandé aux Français ce qu'ils pensaient d'une durée du travail qui passerait à 60 heures par semaine, ce qui n'est pas prévu. Je dois dire que ce que l'on voit sur le site de l'Unef n'échappe pas à la critique par exemple sur la majoration des heures supplémentaires mais pas seulement. De son côté Manuel Valls accuse les opposants au texte de vouloir revenir au XIXème siècle. Vous le voyez, le débat sera serein.Exagération, mais aussi grande explication. Entre les deux gauches, celle de gouvernement, sociale-démocrate et celle qui préfère être dans l'opposition, les mains propres mais sans main. Le gouvernement devra mettre de l'eau dans son vin, sur la définition du licenciement économique et les indemnités prud'homales. Mais il est intéressant de noter que la CFDT, qui défend l'idée du référendum et des accords d'entreprise, a titré la moitié de son analyse hier : ne pas jetter le bébé avec l'eau du bain.Dernier point, une précision. On a entendu ici et là que Valls avait mercredi dernier corrigé la copie de l'interview que El Khomri a accordée aux Echos pour court-circuiter François Hollande sur l'usage éventuel du 49-3. C'est tout simplement que le résultat de la relecture du chef de l’État sur ce sujet ultra-sensible sont arrivées après le bouclage et que le Premier ministre n'y pouvait rien. C'est dit.

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