Le journal Les Echos publie une interview d’Emmanuel Macron où il dévoile son projet économique.

La première information est donc qu’il y a un projet. Tout le monde l’attendait, avec impatience chez ses partisans et avec ironie chez ses adversaires. Il est là. C’est sans doute un hasard mais l’équipe de François Fillon a fait savoir dans la soirée d’hier qu’il présenterait lui-même bientôt un nouveau cadrage économique ! La course est lancée. La seconde information est que ce projet a un contenu concret. Citons quelques mesures pour montrer qu’elles bousculent les lignes classiques : suppression de la totalité des cotisations sociales au niveau du Smic pour les entreprises, plan d’investissement public de 50 milliards d’euros, suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, droit au chômage pour ceux qui démissionnent de leur entreprise mais contrôle strict de la recherche d’emploi, baisse de la fiscalité sur les revenus du capital et de la moitié de l’ISF : il y a beaucoup de propositions, avec une trajectoire de finances publiques qui passe par le respect de l’objectif d’un déficit sous les 3 % du PIB cette année, ce qui est unique chez les candidats. Bref, plus personne ne peut dire qu’il n’y a rien, que c’est vide.

C’est une politique économique ni droite ni gauche ?

Ou et droite et gauche, pour autant que cela ait du sens. C’est Sarkozy qui a fait la relance après la crise, c’est Hollande qui aide les entreprises à rétablir leurs marges. Macron promet une politique économique centro-libérale, une synthèse hollandaise, mais avec un point d’équilibre plus libéral que Hollande, chiraquienne, mais plus keynésienne que Chirac. Des économies dans les dépenses publiques, mais de l’investissement public ; moins de fonctionnaires mais avec le même statut. On ne touche pas à l’âge de la retraite, mais on ira vers une retraite par points. Son programme réformisme est le plus modéré de ceux sur la table, entre Hamon, Mélenchon, Le Pen et Fillon, Fillon dont il fustige la purge. Pas de révolution, sauf sur l’assurance-chômage. Tous les autres prônent des ruptures plus fortes. La question est de savoir si l’état d’esprit et l’état du pays appellent des projets modérés, ses partisans diront réalistes, ses adversaires diront qu’il ne fera rien, et si le dégagisme qui anime les électeurs concerne seulement les hommes (et là il en bénéficie) ou aussi les idées (et là il incarne une forme de continuité).

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