Les règles budgétaires européennes, suspendues depuis 1 an, reviennent dans le débat à Bruxelles…

L'assouplissement du pacte budgétaire
L'assouplissement du pacte budgétaire © Maxppp / Vincent Isore

C’est Paolo Gentiloni, le commissaire aux affaires économiques, qui le remet sur la table. Par petites touches car le sujet est sensible, mais le débat va vite monter. Depuis la crise du Covid, la règle des 3% a été mise en sommeil, et les Etats ont dépensé sans compter. L’Europe y est même allé de son propre plan de relance. Mais d’ici avril, c’est-à-dire demain, les Etats doivent envoyer à la Commission leur programmation budgétaire pour 2022. Et bien évidemment, la plupart seront hors des clous si l’on reprend les règles là où on les avait laissées. D’où l’idée poussée par le commissaire italien, et par la France, de les geler un an de plus, jusqu’à fin 2022. Le temps que les économies de chaque Etat retrouvent leur niveau d’avant crise. Et le temps de se mettre d’accord sur de nouvelles règles.

C’est la bonne méthode ?     

Oui car le sujet est beaucoup trop clivant pour aboutir en quelques semaines. D’autant qu’en mars, il y a des élections aux Pays-Bas, le chef de file des pays frugaux, attachés à des règles strictes. Sur le fond surtout, plus personne ne croit que l’on peut faire l’impasse d’une réforme. Le plafond de dettes à 60% a été explosé. Et comme le souligne l’ancien chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, le critère essentiel, c’est la soutenabilité des dettes, qui dépend de bien d’autres facteurs : taux d’intérêt, croissance, solidité de l’économie. En clair, l’Allemagne peut être à plus de 3% de déficit sans souci, quand il y aurait danger bien avant pour l’Italie. 

Et quelle va être la stratégie de la France ? 

Emmanuel Macron veut porter cette réforme des règles budgétaires. Pour aboutir lors de la présidence française de l’Europe, au premier semestre 2022. L’opportunité est historique de changer des règles jugées défaillantes bien avant le Covid. Avec l’espoir que les élections allemandes aboutissent à une coalition entre la CDU et les Verts, plus souples que le SPD sur le sujet. Mais d’ici là, Paris veut mettre en sourdine la campagne, très française, en faveur de l’annulation de la dette Covid, qui risque de lui faire perdre du crédit. Et qui est considérée comme un faux débat puisque les taux d’intérêt sont nuls. Le vrai sujet, c’est la révision du Pacte.

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