Ce matin : dernier pointage avant privatisation pour les pervenches parisiennes.

Oui, les pervenches sont les fonctionnaires qui verbalisent les véhicules en stationnement excessif, gênant ou dangereux à Paris. Je m’excuse auprès de nos auditeurs de toute la France, mais je crois que le sujet est général. La semaine prochaine, le Conseil de Paris prendra connaissance d’un rapport de la chambre régionale des comptes d’Île-de-France qui fait un bilan de l’efficacité de ces dites pervenches à Paris et sur lequel mon confrère des Echos Mathieu Quiret a mis la main. Cette efficacité semble faible. Un chiffre : chaque agent serait chargé de surveiller 110 places de stationnement et ne dresserait « que » 15 PV de stationnement par jour. Le résultat est qu’à peine 10 automobilistes sur 100 paient leur stationnement dans la capitale. Individuellement, chacun peut s’en réjouir, mais collectivement, c’est étrange, c’est un dysfonctionnement. Quelles en sont les causes ? Le management des équipes serait limité, une partie des agents a changé de fonction sans que personne ne sache où ils sont allés (surveillance d’école) et les attentats ont sans doute changé la donne. Bref, au total, ce service n’est ni rentable ni parfait.

Et donc ce service de verbalisation va être privatisé…

Juridiquement, c’est plutôt une délégation de service public… Après un débat assez vif, la décision a été prise cet automne et sera effective d’ici le 1er janvier 2018. La mairie attend 200 à 300 millions d’euros de recettes en plus. On imagine que les candidatures privées ne vont pas manquer : avec un taux de verbalisation de 10 %, cela ne doit pas être difficile de faire mieux et même de gagner de l’argent. Les contraventions vont tomber dru. Tout cela, pourquoi pas ? Mais ce qui est intéressant, c’est qu’une collectivité publique considère qu’elle ne peut pas améliorer elle-même l’efficacité de son service, qu’elle en est incapable, et que la seule solution est de s’en décharger. Pour ce genre de service, aucun problème, mais cela en dit long sur la confiance qu’ont les acteurs publics dans leur capacité à améliorer leur qualité de service – même si dans ce domaine, les usagers ne sont pas acharnés sur cette qualité.

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