Netflix ou l’incroyable succès des formules d’abonnement illimité.

Netflix : la vie en illimité ?
Netflix : la vie en illimité ? © Getty / digitalhallway

Netflix est un service de vidéo à la demande par abonnement. Vous payez environ dix euros par mois pour visionner des films et des séries sur votre téléviseur, votre tablette ou votre ordinateur. L’entreprise américaine vient de publier ses résultats 2017 et ils sont impressionnants. Le service, qui n’existait pas il y a quelques années, compte 120 millions d’abonnés dans le monde, soit un bond de 25% en un an. A peu près deux millions de Français sont "accros" pour regarder des séries comme, hier, House of Cards (dont l’acteur principal Kevin Spacey a été écarté pour agression sexuelle), et aujourd’hui Stranger Things ou Narcos. 

L’entreprise est endettée jusqu’au cou, mais appuie à fond sur l’accélérateur des investissements dans les films avant que des concurrents la menacent, comme Disney, Apple et Amazon, qui ont reniflé le succès. Du coup, Netflix est devenu le studio de cinéma le plus prolifique au monde, avec 80 films qui sortiront cette année, des séries mais aussi des longs métrages à gros budget. Une des clés, c’est l’utilisation d’algorithmes qui permettent à la plate-forme de savoir quels sont nos goûts pour nous proposer de ce qui pourra nous séduire le plus.

C’est donc un plébiscite pour le principe de l’abonnement illimité ?

C’en est l’illustration la plus récente. Ce principe de l’abonnement existe depuis longtemps  : la carte Navigo dans les transports parisiens (fille de la carte Orange née en ... 1975), les buffets à volonté dans les hôtels, les remontées mécaniques, les salles de sport ou les bibliothèques. Mais la nouveauté est que cela se généralise, et que les plus jeunes surtout en redemandent. La SNCF a désormais plusieurs formules de voyage illimité, la musique, le cinéma, la téléphonie bien sûr, les livraisons, la voiture en partage etc., beaucoup de secteurs y passent. 

Qu’y a-t-il derrière cet engouement ? Le point intéressant est que c’est davantage qu’un marketing bien ficelé. Cela correspond à un désir de liberté du consommateur, à une envie d’appartenance à un club, à une illusion de gratuité aussi, sur le mode du «j’ai accès sans posséder» un bien. Est-ce que cela va s’étendre partout, et pourquoi pas aux voyages en avion ou aux caddies dans les supermarchés ? Peut-être, parce que le numérique, ses ciblages et ses datas permettent de donner l’apparence de la simplicité à ce qui est en réalité utra-sophistiqué.

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