Le gouvernement va détailler aujourd'hui, pour la première fois, l'ensemble des impacts de sa réforme des retraites. La route est peut-être droite, mais la pente est raide !

Projet de loi de la réforme des retraites : 1.000 pages d’éléments techniques et chiffrés (image d'illustration)
Projet de loi de la réforme des retraites : 1.000 pages d’éléments techniques et chiffrés (image d'illustration) © Getty

Les projets de loi réformant les retraites sont présentés ce matin en conseil des ministres. L’enjeu est considérable parce qu’une réforme à plus de 300 milliards d’euros, c’est rare. C’est une session de rattrapage pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe qui, pour l’instant, ont perdu la bataille de l'opinion.

Le gouvernement mise désormais sur l'étude d'impact

Les Français n’ont pas compris pourquoi cette réforme est nécessaire, ils sont en majorité convaincus qu’ils vont y perdre, et ils ont l’impression que chaque fois qu’on ouvre un tiroir, il y a un loup dedans. 

Ce paysage-là, ce ne sont pas les deux projets de loi qui vont le rendre plus riant, mais le gouvernement compte sur ce que l’on appelle l’étude d’impact. Ce sont près de 1.000 pages d’éléments techniques et chiffrés qui donneront -enfin- de la chair à tout ce dont on parle depuis six mois. On y trouvera la preuve, dit l’exécutif, que la réforme est redistributive, c’est-à-dire qu’elle avantage les bas revenus plutôt que les hauts revenus, que globalement les pensions vont augmenter et que l’équité sautera aux yeux, avec la suppression des régimes spéciaux. 

Au-delà, deux questions vont dominer aujourd’hui

  • La première, c’est l’ampleur de l’effort que le pays consacre aux retraites. 14% du produit intérieur brut aujourd’hui. Cela va rester stable à l’avenir, promet le pouvoir. Or, les prévisions vont montrer que l’effort passera, avec la réforme, à près de 13% en 2040 et un peu moins de 13% en 2050. Les opposants vont s’exclamer : ah ben voilà, on vous l’avait bien dit. Le gouvernement va rétorquer qu’avec le régime actuel, cela aurait baissé de toutes façons, pour des raisons démographiques. A lui de prouver que les pensions ne baisseront pas. 
  • Et la seconde question ? C’est un point étrange. Le gouvernement n’a jamais vraiment expliqué pourquoi il instaure un régime spécial pour les salaires de plus de 10.000 euros bruts par mois, avec quasiment plus de cotisations et plus du tout de droits à pension. Ce silence ne cache pas des intentions malignes (comme de faire rentrer la capitalisation par la fenêtre -cela concerne 1% des personnes). C’est un arbitrage technocratique et l’envie de laisser les cadres très supérieurs se débrouiller tout seul. Mais ce silence a été jusqu’à présent maladroit - et c’est un euphémisme. 

Michel Rocard aurait dit un jour : entre le machiavélisme et la connerie, c’est plus souvent la seconde que le premier qui explique les décisions qui sont mal comprises. Dans cette histoire des retraites, personne n'est con bien sûr, mais il n'y a pas grand monde qui est bon !

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