L’édito éco de Dominique Seux. Ce matin, une chronique particulière. Trois informations économiques de ces derniers jours méritent, pour vous, d’être décryptées parce que la première impression ne correspond pas forcément à la réalité.

Des informations disparates, qui n’ont rien à voir les unes avec les autres (vous allez voir) sinon qu’elles ont ceci en commun : ce qui a fait du bruit n’est pas forcément ce qui est le plus important. Il n’est pas question ce matin de faire le travail de nos confrères de Arrêts sur Images, censeurs vigilants des médias, mais de mesurer combien résumer peut nous conduire à sélectionner voire à mal hiérarchiser.

Premier exemple : les fraudes sociales et fiscales.

Un document publié par Bercy, et commenté depuis hier, a dressé le bilan des fraudes sociales et fiscales détectées par les services compétents en 2011. Au total, 4 milliards d’euros ont été ou vont être récupérés. L’attention s’est portée sur les fraudes aux allocations familiales, à l’impôt sur le revenu et à l’assurance-maladie. Qui existent bien sûr. Mais qui ont aussi l’avantage d’être simples à expliquer. Or, que voit-on ? Ce n’est pas là que la fraude est la plus massive. Selon Bercy, qui l’écrit discrètement, les plus importantes concernent le travail illégal mais surtout la TVA, non déclarée, non payée, de façon isolée ou en réseau organisé, national ou européen. L’enjeu porterait sur 7 à 9 milliards d’euros par an. Enorme. Là, comme pour le travail illégal, ce sont des entreprises qui sont impliquées. On en parle moins que du fraudeur au RSA parce que cela « s’illustre » moins (comme on dit) médiatiquement. Eh bien, c’est injuste.

Deuxième exemple : la crise espagnole.

Vendredi matin, on avait craint ici même que l’été soit chaud. Hélas, c’était exact. Hier, l’incendie n’a pas touché que la Catalogne ; il a atteint les marchés financiers, avec des taux d’intérêt record en Espagne. Dans toute l’Europe, les valeurs bancaires ont chuté. La cause ? On entend, celle du pouvoir à Madrid, de l’austérité, des investisseurs qui spéculent. Peut-être. Mais la réalité est aussi que les autres Européens se conduisent mal. Au sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin, ils avaient pris des engagements que, tout bonnement, ils ne respectent pas. Ils avaient promis que le filet de sécurité, la caisse de secours de l’Europe, serait là en cas de coup dur. Eh bien, la cour constitutionnelle allemande a tranquillement reporté son avis, pourtant indispensable, en septembre. Et du coup, rien n’est prêt. C’est le pompier pyromane mais, évidemment, ce n’est pas visible, et personne ne le dit parce que la cour de Karlsruhe est une institution démocratique.

Et le dernier exemple ?

Il est d’une autre nature. Vendredi, le ministère du développement durable a publié le bilan énergétique de la France pour 2011. Pas très « folichon », me direz-vous. Eh bien, si. Les « brèves » que l’on a vues ou entendues ont relevé que la facture énergétique a battu des records. Mais, si on lit bien, on découvre qu’en quelques années, la France a modifié la carte de ses fournisseurs de pétrole. Que tous ceux qui croient que l’or noir vient du Moyen-Orient l’oublient : nos principaux fournisseurs sont la Russie et le Kazakhstan. Au total, l’ex-URSS, ce n’est pas loin de 40% de notre pétrole, deux fois plus qu’en 2005. Et alors ? Rien, sinon que cela va à l’encontre d’une idée reçue.

Fraude, crise espagnole, pétrole : quelle Conclusion ?

Toute simple : derrière l’information, il y a toujours une autre information.

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