L’édito éco de Jean-Marc Vittori. Vous nous parlez ce matin des start-ups européennes qui séduisent de plus en plus les investisseurs. Et c’est pour vous une bonne nouvelle.

Oh que oui. Alors d’abord, les chiffres. Les jeunes pousses européennes ont été arrosées par près de 7 milliards de dollars sur la première moitié de l’année, selon une étude réalisée par la société de conseil Clipperton Finance et le cabinet Digimind. C’est pratiquement deux fois plus que l’an dernier.

Et cet argent se concentre sur des vedettes, des sociétés tellement prometteuses qu’elles ont déjà réussi à attirer plus d’un milliard de dollars de fonds sans entrer en Bourse. On les appelle des licornes.

Elles vivent bien sûr aux Etats-Unis, comme le fameux opérateur de néotaxis Uber ou la plateforme de location de logements Airbnb. Mais on en trouve désormais en Europe et même en France.

Quelles sont les licornes françaises ?

Il y en a trois. Elles ont choisi des noms qui font anglais, comme les chanteurs des années 60-70, et elles créent de nouveaux usages sur internet.

La plus ancienne s’appelle Blablacar, créée en 2006. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, elle fait du covoiturage payant, avec déjà dix millions de clients en Europe.

Vient ensuite Deezer, âgée de huit ans. Deezer vend de la musique en streaming, en flux, sans être stockée.

La petite dernière s’appelle Sigfox, fondée en 2009. C’est un opérateur télécom qui ne vous concerne ni vous ni moi puisqu’il fait parler des objets connectés entre eux via le web. Le marché est gigantesque puisqu’on estime qu’il y aura dans cinq ans sur la planète cinquante milliards d’objets connectés.

Pourquoi ces startups attirent-elles autant d’argent ?

Pour trois raisons. D’abord, beaucoup d’investisseurs ne savent plus où placer leur argent. Le livret A ne rapporte plus rien, les obligations d’Etat non plus. Il y a sans doute de la spéculation, comme il y en avait eu sur Internet à la fin des années 1990. Mais il n’y a pas que ça. Internet, aujourd’hui, ce n’est plus une terre inconnue qui fait fantasmer.

Voilà la deuxième raison : le numérique change en profondeur l’économie - hier la musique et les médias, aujourd’hui l’hôtellerie et le commerce, demain la banque où le consultant Finovate a recensé quarante-six licornes dans le monde. De nouveaux usages apparaissent, et les nouveaux venus sont beaucoup mieux placés pour les inventer car ils n’ont ni passé ni passif.

Ce qui nous amène à la troisième raison : de plus en plus, des grandes entreprises prennent des tickets dans ces start-ups pour ne pas être larguées.

Vous voulez dire que les grandes entreprises craignent des petites ?

C’est presque ça, même si leurs PDG ne le diraient pas en ces termes.

Dans cette économie nouvelle, un bambin peut bousculer en quelques mois une vénérable dame qui verrouillait le marché depuis des décennies. Une licorne peut effrayer un rhinocéros.

Heureusement que l’Europe a su faire naître quelques-uns de ces animaux étranges. Espérons qu’elle saura les laisser se multiplier puis grandir.

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