Voyageurs, voyageuses, vous ne le savez pas encore, mais les gares sont le nouveau temple du commerce. Aujourd’hui, vous tirez votre valise pour partir en vacances. Demain, vous pousserez votre caddie au son du jingle SNCF.

Les boutiques de gare : une mine d’or encore mal exploitée
Les boutiques de gare : une mine d’or encore mal exploitée © Getty / Fuse

Cet avenir radieux, ce sont les consultants en immobilier de Cushman & Wakefield qui l’entrevoient, dans une étude exclusive sur l’incroyable potentiel du commerce en gare, que le journaliste David Pauget a lue.

Quelques chiffres. Le commerce en gares, c’est 1,5 milliard d’euros, mais au rythme où vont les choses, ce sera 8 milliards en 2020.  Quant au panier moyen, il peut grossir : entre le roman de gare, les chewing-gums et le chargeur de secours, vous ne dépensez que 19 euros par voyage à Paris, 7 euros en région, alors que sur Internet ou en centre commercial, le panier dépasse 60 euros.  Enfin, le business peut être deux fois plus rentable en gare que dans une galerie marchande.

C’est tentant pour des commerçants, mais les exploitants veulent-ils plus de commerces ? Et les voyageurs ?

Où est le plaisir, à se bousculer dans une boutique riquiqui, un sac à dos dans la figure et le voyageur derrière qui vous marche sur la tong ? Ah, l’angoisse du train qui part avant l’arrivée du café !

A la SNCF, on connaît tout ça. Mais on fait des efforts. Par exemple, on oblige les vendeurs à installer un écran avec les départs de train, pour « déstresser » les clients.

Et puis le format des boutiques va sans doute évoluer. Le modèle, ce sont les gares japonaises. Les plus fréquentées du monde. A Tokyo Station, vous trouvez plus de deux cents magasins en sous-sol, dans des galeries commerciales elles-mêmes reliées à d’autres gares et à d’autres galeries. Les compagnies ferroviaires se sont transformées en géants de l’immobilier et de la distribution pour compenser le déclin du trafic.

En France, la population ne diminue pas comme au Japon. Mais les gares vieillissent, il faut les rénover, et ça coûte cher. La SNCF va ouvrir 300.000 mètres carrés de surfaces commerciales à Montparnasse en 2023, et doubler les redevances. La Gare du Nord, qui accueille déjà cinq fois plus de monde qu’un méga-centre commercial, va tripler de taille. Qui va payer les travaux ? Pardi, c’est le futur voyageur-consommateur.

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