Près de trois distributeurs disparaissent chaque jour en France. Mais aujourd'hui encore, 99% des Français ont un distributeur de billets à moins d’un quart d’heure de chez eux en voiture. La Banque de France publie un rapport sur le sujet.

Distributeur de billets
Distributeur de billets © Getty / eclipse_images

Sur les ronds-points, les gilets jaunes ont souvent parlé des services locaux qui manquent cruellement : bureaux de poste, antennes de téléphonie mobile, pompes à essence. Or le distributeur de billets est aussi un service local. Il n’y a personne dedans, mais il est vraiment utile, 24h /24, alors que les banques ferment de nombreuses agences pour de bonnes raisons – de moins en moins de clients y viennent.  

Les sénateurs ont même voté fin 2018 une loi interdisant à toute banque la fermeture d’un distributeur s’il n’y en a pas un autre à moins de 10 kilomètres, mais les députés n’ont pas suivi pour l’instant.

Seuls 600 000 Français sont à plus de quinze minutes d’un distributeur de billets. Si près de trois distributeurs disparaissent chaque jour, c’est surtout dans les villes où il y en a beaucoup.  Moins de 200 communes ont perdu leur accès à au moins un distributeur en trois ans. Bref, le problème est circonscrit.

Pourquoi les banques ferment-elles des distributeurs ?  

  • D’abord parce que ça coûte cher. La facture serait de l’ordre de 1.000 euros par mois pour une machine.  
  • Ensuite parce que les distributeurs sont de plus en plus souvent braqués. L’an dernier, les attaques à l’explosif ont augmenté d’un quart en Europe, et en Allemagne un distributeur est dévalisé chaque jour.  En plus, les braqueurs se modernisent. Ils passent à l’infraction numérique. En piratant le système informatique du DAB, ils lui font cracher tous ses billets. C’est le jackpotting.  

La solution si on veut préserver les distributeurs serait alors de se demander si cette activité relève vraiment des banques.  Les banquiers eux-mêmes se posent la question. Le groupe Banques Populaires-Caisses d’épargne vient ainsi de confier la gestion de ses DAB aux convoyeurs de fonds Brink’s. Mais il serait aussi possible de transformer les distributeurs en automates de services locaux, bien au-delà des billets, avec les collectivités locales. Ici, tout reste à imaginer.

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