Le journal, Les Echos , publie une enquête et un sondage sur ce qu’a changé la crise dans la relation qu’entretiennent les Français avec l’argent.

Oui, et on voit que cette période exceptionnelle qui s’est ouverte en 2008, de croissance nulle ou lente, de chômage, de ras le bol fiscal, (on voit que cette période) a changé bien des choses. Il faudra du temps, et pas seulement une année à 1% de croissance, pour que la confiance dans l’avenir revienne. Le chiffre le plus stupéfiant du sondage réalisé par Odoxa est le suivant : 54% des Français pensent que leur situation sociale est moins bonne que celle de leurs parents au même âge. Plus d’un sur deux ! Ce chiffre n’était que de 17% quand la même question avait été posée il y a plus de dix ans, en 2002. On mesure les ravages de la crise. Et la rupture avec la promesse de nos sociétés modernes : je vis mieux que mes parents, mes enfants vivront mieux que moi.

Autre élément du sondage : à partir de quel revenu et de quel patrimoine les Français considèrent-ils que quelqu’un est riche ?

Le seuil, c’est 5.000 euros de revenus par mois. Cela veut dire que la majorité des François jugent que c’est à partir de là qu’on est riche. C’est moins élevé qu’il y a quelques années. Cela veut dire qu’un riche, en France, ce n’est pas Liliane Bettencourt, mais quelqu’un qui gagne deux ou trois fois plus que soi, puisque 5.000 euros, c’est deux ou trois plus que le revenu moyen selon les définitions que l’on en donne. En termes de patrimoine, maintenant, un riche, c’est quelqu’un qui détient 500.000 euros, en logement et épargne. Là aussi c’est moins qu’avant.

Mais au fond, est-ce que ce paysage grisâtre est justifié ?

Depuis 2007, un tiers de la population a vu son niveau de vie baisser, un tiers, stagner et un tiers, le plus aisé, a vu son niveau de vie progresser. Rien de surprenant là-dedans : pendant la crise, les écarts se creusent, à cause du chômage. Mais ces chiffres ne disent pas tout. Nous nous sommes amusés à mesurer l’évolution des prix d’un certain nombre de produits depuis quinze ans. Dans certains cas, il a beaucoup baissé et donc le pouvoir d’achat a grimpé. Le prix d’un Paris-Barcelone, -69% ; un forfait téléphonique, - 63% ; une Clio - 16%. Mais à l’inverse, un studio de 30 m2 à paris, + 101% et une entrecôte, + 5%. L’essentiel à retenir est que le logement absorbe un quart de nos budgets - ce qui est fou.

Ça, c’est aujourd’hui ; quid de la place de l’argent à l’avenir ?

Les choses changent vite ! Qui aurait imaginé il y a quelques années, qu’aujourd’hui le secret bancaire suisse serait tombé, que l’inflation aurait disparu, qui aurait imaginé la Piketty-mania, le covoiturage ou les échanges d’appartements ? Personne. Notre niveau de vie change, notre rapport à l’argent aussi.

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