C'est une mauvaise nouvelle, mais une remarque préliminaire d'abord. Ce résultat montre que ce sont bien les électeurs qui décident, et c'est rassurant.

Ce ne sont ni les bookmakers ni les marchés financiers qui tiennent les urnes, ils se sont trompés puisqu'ils anticipaient ces derniers jours le maintien de Londres en Europe. Ce matin, du coup affolement : la livre sterling chute de 10 %, elle est au plus bas depuis 1984 - si cela se maintient, c'est le moment de passer la Manche pour les vacances. La Bourse de Paris pourrait perdre 7 %. Le suspense a été entier aussi pour les autres capitales : hier soir, l'entourage de François Hollande lui avait préparé deux dossiers, un avec les conséquences du In, un autre avec celles du Out.

Deuxième point, à court terme, il se passera peu de chose. Des négociations de sortie vont avoir lieu, le délai inscrit dans les Traités est de deux ans. D'ici là, les Britanniques seront toujours au Parlement européen, à la Commission de Bruxelles etc. Mais les deux institutions européennes Outre-Manche, l'autorité bancaire européenne et l'agence européenne des médicaments vont, elles, devoir déménager. Ça, c'est concret.

Alors, quelles réactions ?

Nous aurons toute la journée, à Berlin, Paris, Francfort (siège de la banque centrale), Tokyo, New York, des déclarations pour dire que l'événement est majeur, mais que les électeurs doivent être respectés, mais qu'il ne faut pas paniquer. François Hollande a prévu une déclaration, il doit aussi rencontrer Angela Merkel à Berlin lundi. Un conseil européen est prévu mardi. Sur le fond, on va entendre deux discours. Un : les Britanniques ont été prévenus des conséquences, un divorce est un divorce, on ne fera pas semblant d'être ensemble. C’est d’abord leur problème, avant d’être la nôtre, et c’est vrai. Deux : des voix, surtout ici à Paris, vont proposer des initiatives en direction d'une Europe plus concrète, plus protectrice et plus démocratique. Ce serait logique : Syrisa en Grèce, extrême-droite en Autriche, succès des populistes à Rome et sans doute de Podemos en Espagne, et donc choc britannique : cela fait beaucoup. C'est un peu la théorie du choc salutaire : on va réagir. Tout cela n'est pas crédible, c'est du pipeau. Il n'y a pas de choc salutaire, parce que Paris et Berlin n'ont pas de plan B en soute. Ou alors, ils l'ont sacrement bien caché -et ce serait tant mieux. En attendant, demandons-nous comment l'Europe pèsera demain face à la Chine et son 1,4 milliard d'habitants et disons-nous que la finance américaine en sortira gagnante.

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