Les grandes manœuvres commencent sur les finances publiques. Impôts, retraites, Unedic sont trois sujets très imbriqués, un puzzle dont les pièces doivent s’emboîter pour atteindre une cible d’un déficit public ramené à 2% du PIB pour la première fois depuis vingt ans.

Les grandes manœuvres commencent sur les finances publiques.
Les grandes manœuvres commencent sur les finances publiques. © Getty / Michael Zwahlen / EyeEm

Il y a trois sujets sur lesquels le gouvernement travaille actuellement et qui ont un impact sur les finances publiques : 

  • La réforme de l’assurance-chômage, présentée la semaine dernière. 
  • La réforme des retraites, qui s’approche.
  • Et il y a la préparation classique du projet de budget pour 2020, Bercy est en plein dedans. 

Ce qui est intéressant et ce dont on ne se rend pas forcément compte, c’est que ces trois sujets sont très imbriqués, c’est un puzzle dont les pièces doivent s’emboîter pour atteindre une cible (si on peut dire), la cible d’un déficit public ramené à 2% du PIB pour la première fois depuis vingt ans. 

Explications : Emmanuel Macron a décidé que la baisse de 5 milliards de l’impôt sur le revenu pour les bas et moyens revenus aurait lieu en une fois, en 2020, alors qu’Edouard Philippe défendait l’idée d’un étalement. Cela a été tranché quelques heures seulement avant le discours de politique générale. 

Mais comment financer la baisse de l'impôt ? 

Il n’est pas impossible que l’ampleur des économies attendues sur l’assurance-chômage en découle. Elles rapporteront 1,5 milliard d'euros dès 2020. Au passage, disons que le gouvernement n’entend pas modifier sa copie, malgré le mécontentement manifesté par les syndicats et certains parlementaires. 

Et on en vient aux retraites : les comptes de l’assurance-vieillesse sont moins bons qu’Emmanuel Macron l’espérait en 2017. La réflexion porte du coup sur la nécessité -ou non- et la possibilité -ou non- de compléter la réforme systémique (la retraite par points) promise avant la présidentielle par une réforme paramétrique (sur l’âge). Les mots sont techno, mais le sujet est concret : trouver des économies dès 2020 avec des décotes ou un âge pivot de 63 ou 64 ans. Et on en revient à l’Unedic : plus c’est dur sur le chômage, moins cela le sera sur les retraites. Dans ce contexte, la colère de Laurent Berger est un avertissement pour la suite. 

Est-ce inévitable ? 

Profiter des taux d’intérêt extrêmement bas pour investir par exemple contre le réchauffement climatique est possible et même intelligent. La dette climatique stresse actuellement plus que la dette financière

Mais s’endetter pour les retraites ou le chômage est vraiment indécent pour les générations futures. 

Impôts, cotisations sociales, économies ici ou là : il faut donc choisir.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.