Les salariés de Nokia sont scandalisés des pertes d'emplois à haute valeur ajoutée sur la 5G, tandis que la convention citoyenne et beaucoup de villes refusent cette même 5G.

La 5G est au cœur des contradictions économiques, politiques et sociétales. La 5G, on le rappelle, est la 5ème génération de téléphonie mobile. Avec les 1ères, vous pouviez téléphoner, puis envoyer des SMS, puis accéder à Internet, puis faire circuler d’énormes flux de données sur un petit smartphone (c’est la 4G). 

La discussion existe sur ce qu’apportera la 5G, plus de débit ou d’autres choses - mais dans ce domaine, les tuyaux créent les usages. 

Quelle est l’actualité ? Depuis lundi, les salariés de Nokia sont furieux (et on les comprend) de la suppression annoncée de beaucoup de leurs emplois notamment dans le centre de recherche de Lannion qui travaille sur la 5G. L’émotion est nationale : ce sont des emplois à forte valeur ajoutée, indiscutablement. 

Le paradoxe est que, dimanche, les 150 Français de la convention climat ont demandé un moratoire sur la 5G en attendant des études de son impact sur la santé et le climat, et surtout en ajoutant (je cite) « Mais en avons-nous besoin ? ». Et de nombreux Français trouvent formidable la convention citoyenne. 

On a donc emplois d’un côté, le scepticisme sur la technologie de l’autre. 

Comment concilier les deux ? 

A un moment, il faut bien décider de quel côté on souhaite la pièce tombe. Le plus amusant (si on peut dire) est que le gouvernement lui-même est en pleine cacophonie. Elisabeth Borne (ministre de l’écologie) et Olivier Véran (à la santé) ont annoncé dimanche avoir écrit à Edouard Philippe pour demander un moratoire d’une petite année sur le déploiement de la 5G et de nouvelles études. 

Mais Bercy, il y a trois semaines, a promis que le processus commencera en septembre et a promis un déploiement avant la fin de l’année. Au final, Matignon expliquait hier qu’il y aura et les études et le déploiement, mais cela flotte. La ville de Paris a par exemple gelé, mi-avril, tout déploiement des antennes. 

Et sur le fond alors direz-vous ? C’est vrai que la 5G consomme plus d’énergie que ce qui existe aujourd’hui (donc elle contribue au réchauffement). Mais voilà, si elle facilite le télétravail, elle évitera de la circulation automobile et donc des émissions de CO2 ! 

Au fond, quand une technologie arrive, il y a toujours un doute – on verra si celui-ci est levé mais derrière nos indignations collectives et successives, il y a quand même un chouïa de contradictions.

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