Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, en dit un peu plus, dans une interview aux Echos , sur ce qu’est le macronisme.

Oui, alors il ne parle pas de macronisme, mais cette fois il va au-delà des trois ou quatre images que l’on a de lui, que l’opinion au sens large a sur lui. Quelles images avons-nous tous en tête ? Macron, que l'on voit souvent avec des start-ups, en France ou à l’étranger, Macron qui a envie que certains jeunes Français rêvent de devenir milliardaires, Macron qui développe des lignes de cars et qui pousse le travail le dimanche. On l’a vu enfin parler de Jeanne d’Arc. Aujourd’hui, il franchit un nouveau cap dans sa réflexion économique et sociale.

Dans quelle direction ?

Il n’a pas de tabou et il se moque du qu’en dira-t-on. A ses yeux, l’industrie a rattrapé son retard de compétitivité, grâce à au pacte de responsabilité et à la fin de la modération salariale allemande. Mais il faut continuer, aller plus loin. Une des clés pour l'emploi, dit-il, c’est la modération salariale. Les entreprises doivent investir plus, embaucher plus, mais pour cela verser moins de dividendes et tenir les salaires. Seconde direction, il faut (je cite) élargir la loi Travail, donner plus d’espace à la négociation sociale dans l’entreprise que ne le prévoit la loi El Khomri elle-même. C'est économiquement cohérent mais politiquement un chemin de crête casse gueule.

Mais il prend aussi les libéraux à rebrousse-poil.

Il est scandalisé que l’Europe ne se défende pas contre le dumping chinois, par exemple sur l’acier. Les Etats-Unis ont imposé des droits de 500% sur l’acier chinois, les Européens de 20%. Il faut arrêter d’être naïf sur la mondialisation. On peut s’interroger sur l’avenir politique de Macron mais il est moins caricatural que certains ne le voudraient.

Est-ce tout cela fait un projet ?

L'avantage et l'inconvénient des partis politiques que l'on a dans le paysage depuis longtemps, le PS, les Républicains, le FN, c'est que les électeurs connaissent parfaitement la couleur de la toile de fond de leurs idées. Pour le meilleur et le pire. Quand les Français regardent Emmanuel Macron, ils voient des tâches de couleur, vives, fraîches, mais évidemment pour certains yeux, criardes et qui jurent. Il y a des atouts à cette situation, mais il faut reculer pour juger l'unité et à quoi est accrochée la toile. Le macronisme est un impressionnisme.

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