Emmanuel Macron a reçu un à un tous les partenaires sociaux hier. A-t-il réussi son entrée en matière sociale ?

Oui, il a plutôt réussi à faire baisser la tension et instauré un climat au minimum de courtoisie républicaine, on saura vite si c’est un peu plus que cela. La méthode était originale – recevoir presque en tête chacun des dirigeants (on dit presque parce que le président, lui, n’était pas tout seul) et la discussion a paraît-il été directe, personne n’étant là pour avaler son chapeau. Bref, il y avait de la bienveillance dans l’air (le mot est tendance) ce qui est assez logique pour quelqu’un élu à 66 %. Ce sera intéressant de voir si à la sortie de Matignon aujourd’hui et lundi, ce sera la même chose ! Sur le fond, le patronat est reparti avec l’idée qu’il y aura un moratoire sur la mesure de la pénibilité en entreprise et les syndicats avec la promesse d’une discussion sur plusieurs points des ordonnances sur le droit du travail. A tous, Macron a présenté sa stratégie et son calendrier. Sa stratégie : envoyer des signaux montrant que la France est prête à bouger pour obtenir des Européens et de l’Allemagne davantage de relance. Son calendrier : les ordonnances avant la mi-septembre, la réforme de l’assurance-chômage et de la formation au 4ème trimestre et celle des retraites … plus tard.

La priorité reste le droit du travail.

Les syndicats ont compris que Macron ira au bout, qu’ils soient d’accord ou pas, sur la fixation d’un barème pour les indemnités prud’homales. En fait, ils râlent tous, mais plusieurs d'entre eux reconnaissent en privé qu’il y a un sujet pour les petits patrons. La discussion portera donc sur le barème. Quant à elle, la fusion des instances de négociations en entreprise, comité d’entreprise, CHSCT etc. ne devrait pas soulever des tempêtes si des nouveaux droits sont accordés aux syndicats en contrepartie, ce que demande la CFDT. Le plus compliqué, c’est le 3ème sujet, les niveaux de la négociation collective, là il y a du grain à moudre. Il est possible en définitive que le gouvernement s’assouplisse et reconnaisse que les branches doivent conserver un vrai rôle. Quoi qu’il se passe, tout cela est inédit : c’est la 1ère fois qu’un nouveau pouvoir entame son mandat par des mesures de ce type, qui ne sont pas hyper-sexy, et non pas par la fiscalité. Courage ou témérité, à chacun de juger.

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