**La conjoncture ne sourit pas à Nicolas Sarkozy et au gouvernement.Les difficultés, comme dirait un ancien président de la République, volent en escadrille hélas ! Après les deux tours de scrutin politique, le troisième tour social, voilà le quatrième tour économique ! Et cette fois, les nouvelles médiocres arrivent du front de la conjoncture. Vous savez, depuis que tout le monde a l’impression que la Grande Récession est finie – c’est comme cela qu’on appelle la crise de 2008-2009 –, la situation économique n’est plus suivie de très près. C’est dommage parce qu’elle est loin d’être revenue à la normale, les salariés et les entreprises le constatent tous les jours. Ce que l’on voit, c’est que la reprise, qu’on croyait franche en début d’année, ne l’est pas vraiment et qu’elle est en réalité plutôt flottante. Il y a un an, la théorie à la mode était celle de l’alphabet : la reprise sera-t-elle en V, en L, en W ? Aujourd’hui, on a toujours l’impression d’être sur de la tôle ondulée qui secoue pas mal. C’est clair sur le chômage…Pôle emploi publiera ce soir le chiffre du chômage pour février. Christine Lagarde, la ministre de l’économie, espère qu’il sera meilleur qu’en janvier. Mais Pôle emploi a aussi rendu public hier sa prévision pour l’ensemble de 2010 et même pour 2011. Le résultat, au-delà des yo-yo au mois le mois, n’est guère excitant. Le nombre de demandeurs d’emploi progresserait encore de quasiment 100.000 cette année, avant de diminuer de seulement 38.000 en 2011. Cela veut dire que le taux de chômage restera, en France métropolitaine, élevé. Cela veut surtout dire que le nombre de demandeurs d’emploi ne diminuera pas franchement avant 2012, année présidentielle. Pourquoi ?1 - Les entreprises ne sont pas assurées que leurs carnets de commandes vont se remplir 2 - la chute de l’activité a été si forte dans certains secteurs industriels qu’il faudra du temps avant de retrouver le niveau antérieur de production. 3 – Les investissements se font ailleurs. Du coup, les embauches ne sont pas pour tout de suite. Deux exemples : si on regarde l’industrie du papier carton, la production a plongé de 12% l’an dernier, elle remonte de 5%, ce n’est pas suffisant ; les ventes de camions neufs ont encore plongé de 41% depuis décembre. Dans tous les secteurs, cela redémarre doucement. Certes, les économistes voient tous la croissance autour de 1,4% cette année, mais ce n’est pas flamboyant. On peut parier que l’Insee, qui présentera vendredi sa note de conjoncture trimestrielle, dira que la reprise est molle. Et ça a une conséquence sur les comptes publics ?Oui ! Le gouvernement, dans le programme de stabilité transmis à Bruxelles, parie sur une croissance de 2,5% par an à partir de 2011 pour ramener les déficits d’un peu plus de 8% du Pib aujourd’hui à 3% en 2013. Je ne vais pas dévoiler les conclusions de la Commission économique de la Nation qui s’est tenue hier – elle comprend des syndicalistes, des économistes et des experts – et à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, mais je peux dire que la crédibilité de ce scénario a été très débattue. C’est sûr, la croissance restera un souci pour les prochaines semaines et les prochains mois.**

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