**Grandes et petites manœuvres commencent dans la téléphonie mobile ! Je vais marcher ce matin un peu sur les plates-bandes de mon confrère et ami Philippe Lefébure, qui nous raconte chaque matin à 7 heures 50 l’ « histoire du jour ». Je pourrais intituler cet éditorial : des vertus de la menace de la concurrence pour les consommateurs. Voici l’histoire. Depuis quelques jours, un opérateur mobile, c’est Virgin Mobile, diffuse à la télévision une publicité qui met en scène un animal de compagnie quittant sa vie de rock star pour rejoindre les offres révolutionnaires de Virgin. Et l’offre est décapante – ne vous inquiétez pas, ce n’est pas de la publicité déguisée - : pour cinq heures de communications par mois, l’abonné ne paie que 29 euros 90. A ce prix, le client n’a qu’une carte SIM, il doit déjà posséder un portable, mais cette offre est en dessous de celles des trois grands du secteur qui demandent, pour cinq heures, plutôt autour de 50 euros. Une autre offre prévoit l’Internet et cinq numéros d’appel illimités pour un prix très compétitif. Alors quel est le secret ? Eh bien, le secret n’est pas seulement que cet opérateur veut jouer les poils à gratter du secteur. C’est aussi qu’il n’est pas un opérateur classique, avec un réseau et des antennes. C’est ce qu’on appelle un opérateur virtuel, MVNO, qui achète en « gros » des paquets de minutes à un « vrai », un historique à un prix de gros. En l’occurrence, Virgin Mobile, qui n’est pas un tout petit du secteur puisqu’il a récupéré Tele 2 et compte plus d’un million de clients, Virgin achète ses minutes à Orange qui lui fait des prix bas. C’est une stratégie dite de volume. Mais la vraie question, derrière, est de savoir pourquoi Orange fait des conditions favorables à un concurrent potentiel. Et oui, pourquoi ? C’est là que l’histoire est amusante ! Il s’agit, ce n’est pas officiel bien sûr, d’installer une ligne de barrage, un rempart, contre Free. Free, qui deviendra peut-être le quatrième opérateur de téléphonie mobile. En favorisant Virgin ou d’autres, les « historiques », Orange, SFR, Bouygues, se disent que le marché sera saturé, les jeunes, les ménages avec un pouvoir d’achat limité, auront tous été équipés, quand Free arrivera, le marché sera vide. Et Free, qui devra lui aussi louer un réseau 3G s’il veut de l’Internet, trouvera un concurrent pas cher en face de lui. Free fait si peur que ça ? C’est sûr, et on a vu que la tentation a été forte jusqu’au bout de bloquer la 4ème licence. Les opérateurs historiques ont trouvé un modèle sur mobile qui leur permet de dégager des marges confortables qui elles-mêmes leur ont permis de financer les investissements dans Internet, et c’est vrai que la France est bien équipée. Attention aux caricatures : les prix du mobile, en France, ne sont pas très compétitifs pour les petits particuliers bloqués pendant 24 mois, mais ils le sont pour les gros consommateurs et les professionnels. Mais aujourd’hui on est un peu dans le « TSF », le tout sauf Free. Et voilà comment la menace de la concurrence fait baisser les prix !**

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