François Fillon s’exprimera donc cet après-midi devant les députés pour son discours de politique générale.Nous avons regardé de près celui qu’il avait prononcé en… juillet 2007.

On ne sait pas précisément ce qu’il va annoncer à l’Assemblée –et même s’il annoncera quelque chose au-delà de ce qu’a dit Nicolas Sarkozy mardi dernier sur les impôts, la dépendance ou l’emploi. On imagine qu’il donnera des détails. Ce moment en suspension avant l’ouverture de la dernière phase du quinquennat peut être (oui) l’occasion de revenir en arrière et de voir ce que François Fillon avait promis le 3 juillet 2007, juste après la présidentielle et les législatives. L’exercice, évidemment, est un peu cruel parce que les choses ne se passent jamais comme prévu, qu’il y a eu le choc inouï de la crise, et que les auditeurs savent bien qu’eux mêmes ne tiennent pas toutes les bonnes résolutions prises dans l’euphorie du 1er janvier –qui est (si on veut) notre état de grâce à nous ! Dernière précision : les promesses du Premier ministre étaient un décalque, par définition, de celles de Nicolas Sarkozy.

Toutes ces précisions oratoires données, qu’est ce que cela nous apprend ?

Surprise : un parfait 50-50 ! Dans le discours de 2007, on trouve exactement 14 engagements économiques et sociaux précis –si on écarte le service minimum et le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, annoncés dès avant l’élection. Si on commence par cela, sept d’entre eux ont été indiscutablement mis en œuvre : la réforme des universités, la loi TEPA, la fusion ANPE-Assedic, le statut de l’auto-entrepreneur, le RSA de Martin Hirsch, la réforme de la représentativité des syndicats et celle des régimes spéciaux de retraite.

Maintenant, si on regarde ce qui n’a pas été tenu, que trouve-t-on ?

Sept promesses aussi : la taxe carbone, la fusion de tous les contrats de travail pour un contrat unique, la réforme de l’assurance maladie (les franchises), la dépendance (tiens, déjà…), la TVA sociale, le retour au zéro déficit public en 2012 (çà, c’est cruel…) et l’ambition d’avoir un point de croissance de plus que nos voisins européens !

Voilà pour les poids dans la balance, quelles conclusions en tirer ?

Chacun tirera les siennes ! Mais il est difficile de ne pas constater le hiatus entre les envolées lyriques d’alors sur l’embellie économique qui nous attendait et la hausse du chômage (+ 500.000) qui est la conséquence, hélas, de la crise. Heureusement pour lui, le Premier ministre n’avait fixé d’objectif chiffré. On relèvera enfin qu’il n’avait parlé, en 2007, ni du bouclier fiscal (c’est l’Elysée qui était en première ligne) ni de la réforme des retraites. Quand même : le discours de 2007 nous apprend-il quelque chose sur celui d’aujourd’hui ? Oui. La situation reste très différente, la crise n’est pas finie. Mais François Fillon devrait poursuivre, lui aussi, sur le registre de la réforme. Et celui –c’est sa marque de fabrique– de la rigueur et de la relance du dialogue avec les syndicats. La question qui se pose est de savoir s’il réussira à donner du sens par une idée et une formule simples à l’orientation de la fin de quinquennat –c’est ce qui manquait à l’intervention de Nicolas Sarkozy mardi dernier.

Petit rappel : en 2007, sa formule, c’était la rupture constructive ! En 2010, la continuité critique ?

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.