Les scandales des délais de paiement

Oui, hier Emmanuel Macron a organisé une conférence de presse pour pointer du doigt ce phénomène des retards de paiement. Alors de quoi s'agit-il ? Quand une entreprise règle des factures à un fournisseur, à un sous-traitant, c’est dans deux cas sur trois en retard par rapport à ce que prévoit la loi. Et c’est la même chose pour certaines collectivités publiques. Vous savez, c’est un sujet qui revient sans cesse et qui appartient à cette catégorie des sujets non politiques, qui ne mettent pas en cause des grands principes de philosophie, et donc autant vous dire que cela n’intéresse pas grand monde. Mais écoutez ceci : une faillite d’entreprise sur quatre -vous avez bien entendu - est due à ces retards de paiement. Les grandes et moyennes entreprises, quand elles ne sont pas en difficulté, ont une lourde part de responsabilité et si elles protestent contre la technique un peu limite de Macron -il donne désormais en pâture le nom des mauvais payeurs-, elles ne l’ont pas volé, tant pis pour elles.

Mais la puissance publique est tout aussi coupable

Oui. Le ministre a promis que les administrations seront montrées du doigt elles aussi et qu’elles devront elles aussi payer des amendes. Mais on se doute que cela n’aura pas le même impact de dénoncer le Ministère de la Justice que SFR ou Airbus. Et pourtant, l’Etat a encore moins d’excuses que le privé : il est éternel, et surtout il doit incarner le droit. Bref, savoir qu’il fonctionne sur le principe du : faites ce que je dis, pas ce que je fais est difficilement supportable. Or, il faut savoir qu’il, l’Etat au sens large, est responsable d’un grand nombre de retards.

Et vous avez un exemple très concret…

Une entreprise du bâtiment, de plomberie, de peinture de l’Yonne, m’a raconté hier son histoire. Elle a une trentaine de salariés, un carnet de commandes bourré à craquer. Mais un hôpital local et un lycée local lui doivent plus de 400.000 euros d’impayés depuis plus de six mois. Elle ne peut plus acheter de matériels. Elle est en redressement judiciaire, va être liquidée ou peut-être rachetée. On hésite entre dire : c'est un gâchis ou c'est trop con.

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