Votre journal, Les Echos, publie une longue tribune de Manuel Valls sur la mondialisation.

Oui, coucou, hé oh je suis là, dit le Premier ministre une semaine avant la probable déclaration de candidature de François Hollande. Oublions le double calcul politique vis-à-vis du président et de Macron, ce qui est intéressant est que Manuel Valls aille sur ce terrain économique -qui n’est pas sa matière préférée. Pour dire quoi ? Qu’il s’inscrit dans le courant des réformateurs de la mondialisation, c’est-à-dire de ceux qui pensent qu’il faut en corriger les failles, camp très tendance et même main stream puisque même le Fonds monétaire international va dans ce sens désormais. A l’inverse, il n’adhère pas à l’idée d’une faillite globale de la mondialisation, qui serait à revoir totalement, qui est la ligne d’une partie de la gauche. Failles à corriger, contre faillite générale, il a choisi son camp. Mais il ne veut pas laisser ce terrain aux seuls démondialisateurs du PS, Montebourg, Hamon, Mélenchon et les autres.

Quelles sont ses propositions concrètes ?

Des taxes sur les produits importés de pays ne respectant pas l’accord de Paris sur le climat, moins de naïveté de l’Europe dans ses échanges commerciaux, encadrement du travail détaché, salaire minimum européen, investissements en Allemagne, etc. Rien qui renverse la table mais c'est clair.

Les positions des différents partis sont désormais claires en France ?

Je crois oui. La ligne centrale des partis de gouvernement, à droite comme à gauche, a été depuis15 ans favorable au libre-échange et à la mondialisation, parce que la majorité des Français y a considérablement gagné en pouvoir d’achat avec la baisse des prix. A l'inverse, ceux qui veulent turbuler le système, comme le Front National ou la gauche de la gauche, parlent, eux, aux perdants de la mondialisation. Toute la question est de savoir si la majorité gagnante est toujours la majorité et jusqu'où la minorité a trop grossi. Et donc jusqu'où il convient de la réformer. Qu'en penser ? Que la mondialisation est aussi le bouc-émissaire facile des progrès techniques dans l’industrie qui ont détruit des emplois, du vieillissement de la population qui confisque les gains de productivité pour financer des régimes sociaux plus coûteux, de nos propres handicaps, et maintenant du numérique qui rebat les cartes. Mais il n’en reste pas moins qu’elle, la mondialisation, doit être corrigée.

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