Le gouvernement présente aujourd’hui son plan de rénovation écologique des bâtiments.

De quoi s’agit-il ? Nicolas Hulot (ministre de la Transition écologique), et Jacques Mézard (Cohésion des Territoires), vont dévoiler des mesures pour que les logements privés, le parc social et les bâtiments publics économisent de l’énergie. C’est certainement un sujet moins politique et a priori moins attirant que les autres volets du plan Climat : la fermeture des centrales à charbon, l’avenir des renouvelables et du nucléaire. Mais au même titre que les transports, la rénovation et l'isolation ont, elles, un impact direct et immédiat sur le pouvoir d’achat des Français et le climat. On compte sept millions de logements mal isolés, des passoires thermiques. 

Alors, quel est le plan ? Rénover 500.000 logements anciens par an, en les isolant mieux (par les façades, les combles, les fenêtres) ou en les chauffant mieux (par la domotique). Un quart du parc de l’État sera aussi remis aux normes d’ici 2022, ainsi que des écoles, des mairies ou des hôpitaux. C’est ambitieux et une enveloppe de plus de 10 milliards est annoncée, avec une batterie de dispositions. Bon, peut-on y croire ? Pour le parc public, si l’argent est là, oui - mais sera-t-il vraiment là ? Dans le privé, toute la question est d’inciter chacun d’entre nous à s’y mettre, mais il faut reconnaître que jusqu'à maintenant, la clé n’a jamais été vraiment trouvée, et que le prix du fioul ou du gaz est sans doute l’élément de loin le plus déterminant.

Une autre piste est citée dans « Les Echos », qui va faire du bruit...

Les deux ministres envisagent une disposition autrement plus incitative : un bonus-malus sur les impôts fonciers ou les droits de mutations (quand il y a une transaction) en fonction du niveau de performance énergétique d’un logement. Votre appartement ou votre maison sont mal isolés, la taxe foncière est plus élevée que s’ils sont bien isolés. Nicolas Hulot est très partant, Jacques Mézard qui est en contact avec les collectivités locales beaucoup moins. 

Cette idée de bonus-malus est séduisante et répond à la question qu’on posait il y a trente secondes : trouver le levier qui nous fait nous intéresser à notre consommation d’énergie. Mais c’est en même temps extrêmement compliqué si un diagnostic privé détermine un impôt local et surtout, cela remet un euro dans le grand barnum de la réforme de la fiscalité locale encore évoqué par Emmanuel Macron. Du coup, je ne parierai pas ma facture de chauffage que cette idée verra le jour mais sait-on jamais.

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