C’est la semaine de présentation du Budget 2013. Votre journal, Les Echos , a listé vingt hausses d’impôt prévues. Vingt !

Je vais être très précis : avec ce que l’on sait pour l’instant, il y a 19 mesures de relèvement d’impôt et une mesure de baisse. Au total, on le sait, le gouvernement attend 20 milliards d’euros de recettes en plus. Vingt mesures, vingt milliards, on verra si la copie de vendredi sera conforme à cela. Ce qui est sûr est que c’est un effort sans précédent, ce tour de vis représente un tiers de ce que rapporte l’impôt sur le revenu ou la moitié de l’impôt sur les bénéfices des entreprises. L’objectif de ce choc fiscal est de ramener le déficit public dans les clous, à 3% du PIB. Il s’ajoute aux mesures déjà prises en juillet, notamment la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires.

Première question : les ménages vont-ils souffrir ?

Le gouvernement a concentré le tir sur les ménages aisés – pour lesquels, c’est un feu nourri. Les plus modestes sont grosso modo épargnés. Mais pas totalement : sur les treize mesures recensées, deux sont générales : la hausse du prix du tabac au 1er octobre et le doublement des taxes sur les bières ! Une autre disposition ne concerne pas seulement les très aisés : le gel du barème de l’impôt sur le revenu sauf pour les deux premières tranches. Pour le reste, le plus gros rendement est attendu avec l’alignement de la fiscalité des revenus du capital sur le barème de l’impôt sur le revenu. Les taux forfaitaires disparaissent, sauf pour les épargnants moyens. Sinon, il y a le plafonnement des niches, la tranche à 45%, la taxe à 75%, une hausse de cotisation pour les 130.000 frontaliers qui travaillent en Suisse ... et un bouclier fiscal - ce qui fait sourire. Personne ne paiera en impôt plus de 75% de ses revenus.

Tout ça représente presque 10 milliards d’euros. Mais vous aviez annoncé aussi une baisse d’impôt...

Ceux qui vendront un appartement ou une maison auront droit à un abattement exceptionnel de 20% avant la taxation de la plus-value, pour soutenir le marché immobilier. Mais comme à Bercy, ce sont des malins, l’Etat espère plus de transactions et donc plus l’argent !

Et côté entreprises ?

Dix milliards sont là aussi escomptés. On nous explique que les PME sont protégées, que cela porte surtout sur les grandes entreprises. En fait, il y a des mesures de trésorerie mais aussi des modifications sensibles dont personne ne parlera, pour les artisans, les commerçants et les gérants de petites entreprises, pour plus de un milliard.

En tout cas, pas de hausse de la CSG ou de la TVA, Jean-Marc Ayrault l’a promis ce week-end.

Pas de hausse dans le Budget, et pas de hausse plus tard du taux classique, dit normal, à 19,6%, de la TVA. Mais on peut prendre le pari d’un relèvement de la CSG pour tous, y compris les retraités, et de la fiscalité écologique.

On n’a pas fini de parler d’impôts !

Et la question posée au pouvoir, c’est que nous connaissons sa politique budgétaire mais qu’il nous promet une politique économique, de compétitivité, pour plus tard. Sa semaine va donc être difficile.

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