Selon votre journal, Les Echos , le gouvernement, qui présentera demain son plan tabac, aurait décidé une mesure forte : la suppression des noms de marques sur les paquets.

C’est ce que l’on appelle le paquet neutre. On ne verra plus que les messages de santé du type « fumer tue » en énorme ; il n’y aura plus les logos et tout ce qui permet de distinguer les marques. Tous les emballages seront les mêmes. Hier soir en tous cas, cette décision était acquise, selon plusieurs sources fiables. Si cette décision n’est pas annoncée demain, c’est qu’il y aura eu un changement de pied de dernière minute. Pour les fumeurs, pour les industriels du tabac et pour les buralistes, c’est important. Politiquement, c’est – ce serait – pour François Hollande un choix de santé, qui fera date. Comme les lois Évin contre l’alcool et le tabac il y a 20 ans, l’interdiction de fumer dans les cafés restaurants décidée sous Sarkozy ou le plan de Jacques Chirac sur la sécurité routière avec le déploiement impopulaire des radars.

Quel est l’argument qui a emporté la décision du chef de l’État ?

L’argument principal reste que le tabac fait trop de victimes et que trop de Français fument encore. Un sur trois, contre un sur cinq en Grande-Bretagne par exemple. Il y a plus de 70.000 décès par an. Le raisonnement est d’abord de santé publique. Après, on peut se livrer à des calculs forcément un peu sordides. L’Assurance maladie consacre chaque année 18 milliards d’euros au titre des cancers liés au tabac. La Cour des comptes a même calculé que le coût – entre guillemets – des décès prématurés, des vies interrompues trop tôt, atteindrait 45 milliards d’euros. Précisément, là, le but poursuivi est de décourager les jeunes, réputés sensibles aux marques.

Le paquet neutre, sait-on si cela marche ?

Un seul pays l’applique, l’Australie. La Grande-Bretagne s’y prépare. Est-ce que ça marche ? Les résultats sur le tabagisme en Australie ne sont pas totalement convaincants. Mais ce qui a semble-t-il convaincu le gouvernement, c’est que l’arme habituelle de la lutte contre le tabac, les hausses de prix, s’est émoussée. Les augmentations ont été si fortes ces dernières années – le paquet standard est à 7 euros – que la fuite vers la contrebande ou les achats transfrontaliers s’est accélérée. Un quart des cigarettes vendues le seraient hors circuit « normaux ». On se demande du coup si les chiffres officiels des ventes – en baisse – sont significatifs.

Bon, le paquet neutre, une bonne idée ?

Je ne suis pas qualifié pour mesurer l’efficacité de la décision - on laisse cela aux spécialistes santé de la maison. Et je ne fume pas ! En revanche, ce que je sais c’est que si toute l’Europe se mettait d’accord pour avoir un prix unique des cigarettes, la lutte contre le tabac fonctionnerait mieux.

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