Vous nous parlez ce matin de la… réforme des PV de stationnement.

Que se passe-t-il donc ?

Vous allez voir, c’est un sujet moins microscopique que vous semblez le croire ! J’arrive à une bonne nouvelle : le tarif des amendes ne va pas augmenter avant 2018 ; au lieu du 1er octobre de cette année comme c'était prévu. Mais j’arrive aussi avec une mauvaise nouvelle : ce report est une mauvaise décision parce que l’État infantilise les maires, il refuse de leur donner un pouvoir assez naturel. Attention, ce n'est pas le gouvernement qui est en cause, c'est un blocage des administrations, du centre contre le terrain, contre les élus.

Quelle est l’histoire ?

Le montant des amendes de stationnement, aujourd'hui, est le même partout, à Paris, Mont-de-Marsan ou Lille : 17 euros. C'est la loi et c'est l’État qui encaisse. C'est un montant peu dissuasif et nous sommes nombreux à prendre le risque de ne pas payer le ticket. A Paris, 10 % des amendes seulement sont payées. Du coup, en 2014, une réforme a voté que ce sont les maires qui fixeront le niveau des amendes et les encaisseront. L'idée, c'est d'avoir de tarifs différenciés en fonction des lieux, de la circulation, de l'encombrement etc. 35 euros ici, 50 là. Mais voilà il faut un décret pour que cela rentre en vigueur. Et la décision vient d'être prise : pas de décret avant 2018. On reste à 17 euros.

Pourquoi ?

L'argument avancé est que les maires ne sauront pas se tenir et qu'ils vont profiter de ce pouvoir pour avoir la main lourde sur les tarifs. Prudence avant les élections. En fait, il y a un blocage des ministères de l'Intérieur et des Finances qui craignent de perdre pouvoir et argent.

Vous défendez les maires ? On vous a pourtant connu plus sévère à leur égard !

La critique est possible quand les impôts locaux flambent et les dépenses dérapent. Comme ces dernières années. Mais il n'empêche : s'il y a un domaine où la décentralisation se justifie, c'est bien le stationnement urbain. Les maires seront punis par les électeurs s'ils y vont trop fort. Cette affaire est ridicule ? Oui. Mais elle constitue un bel exemple d'un État arc-bouté sur des vieux privilèges et méprisant à l'égard du terrain alors que, franchement, il a mieux à faire.

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