La croissance patinait déjà à la rentrée. L'objectif : tout faire pour éviter une nouvelle récession au quatrième trimestre. Quoi qu'il en coûte .... pour les bars restaurants et les activités récréatives.

Face à l’accélération de la circulation du Covid-19, Olivier Veran, ministre de la Santé, a annoncé hier soir de nouvelles restrictions - notamment la fermeture totale des bars et restaurants, à partir de samedi, dans certaines zones du territoire.
Face à l’accélération de la circulation du Covid-19, Olivier Veran, ministre de la Santé, a annoncé hier soir de nouvelles restrictions - notamment la fermeture totale des bars et restaurants, à partir de samedi, dans certaines zones du territoire. © AFP / ClarkandCompany

Les annonces fortes donnent l’impression de changer la donne, mais en réalité la stratégie ne change pas d’un iota

Cette stratégie : tout faire, y compris ce qui est dur pour la vie quotidienne de chaque Français et dramatique pour quelques secteurs d’activité, tout faire pour que l’économie, c’est-à-dire les revenus et l’emploi, tourne quand même. 

Les bars, les hôtels et les restaurants représentent 3% de l’activité économique. C’est beaucoup quand on pense aux dizaines de milliers de personnes concernées. Mais c’est peu si les restrictions qui leur sont imposées ralentissent la circulation du virus et permettent à l’immense majorité des entreprises de travailler. 

C’est la même chose pour les salles de sport et de spectacle. Du coup, le gouvernement va mettre la main à la poche avec du chômage partiel supplémentaire et des chèques pour les indépendants. 

Le mot est malheureux parce que rien n’est périphérique, mais il s’agit de protéger le cœur de l’économie

Une nouvelle récession au quatrième trimestre serait catastrophique : or, l’économie, après un joli rebond cet été, patine depuis quelques semaines. Emmanuel Macron n’a pas hésité beaucoup : le conseil de défense a duré une heure dix minutes. On avait un peu ricané de la déclaration pour rien de Jean Castex du 11 septembre : c’était un dernier avertissement avant tour de vis. 

Cette ligne de crête économique marchera-t-elle ? 

Paradoxalement, cette façon de vivre avec le virus marche dans les entreprises, qui montrent une agilité pour s’adapter, y compris en ayant redéployé du télétravail. Mais il y a deux questions. 

  1. Le changement permanent des indicateurs, des cartes et des règles fait que personne n’y comprend plus rien. Ce n'est pas bon pour la confiance. 

  2. À quel moment le retour de la peur va-t-il peser ? Ces dernières semaines, il y  eu quelque chose de faussement rassurant. Il y a beaucoup de tests, et tous nous connaissons des gens qui ont la Covid et qui vont bien. C’est faussement rassurant et c’est la raison pour laquelle Olivier Véran a insisté hier soir sur les réanimations. 

Il a donné un exemple : si ça continue comme ça, le 11 novembre, 85% des capacités hospitalières d’Île-de-France seront déjà utilisées. Mais je peux vous dire, pour avoir vu les données internes de l’APHP, qu’il s’est montré optimiste. Ce seuil serait atteint dès le 25 octobre et les capacités actuelles seraient débordées avant la fin octobre. Il ne faut donc pas que cela continue comme ça.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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