Ou plus précisément : François Hollande a gagné son pari sur l’inversion de la courbe du chômage.

Quel était ce pari ? Je le cite à peu près : je ne pourrais me représenter en 2017 que si la courbe s’inverse. Bon, peut-être que des Français étourdis avaient compris que cela voulait dire que le nombre de chômeurs serait moins élevé en 2017 qu’en 2012 … Ces Français, ils sont trop ballots ! Non, cela voulait dire qu’à un moment ou un autre, après la hausse, viendrait une baisse. Et là, effectivement, on y est. Si on tient compte du bon chiffre de juillet d’hier, le nombre de demandeurs d’emploi au sens le plus strict a reculé de 75.000 depuis décembre. La semaine dernière, l’Insee annonçait de son côté un repli du taux de chômage. Bref, ce ne sont plus des points isolés, c’est la courbe qui est sur la bonne pente.

Mais est-ce que c’est solide ?

Oui. Un : le chômage recule parce que l’emploi augmente. Et l’emploi augmente parce que la croissance est meilleure. Seconde raison : ce ne sont pas des artifices qui suffisent à expliquer cette amélioration. L’opposition répéte que le plan d’un demi-million de formations crée un écran de fumée. En fait, le flux est pour l’instant très limité.

Mais cette baisse du chômage aurait pu être plus forte et rapide.

Elle aurait pu démarrer plus tôt s’il n’y avait pas eu le matraquage fiscal du début du quinquennat qui a plombé et la confiance et les marges des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. Là, c’est une erreur historique. Cette baisse serait plus élevée s’il n’y avait pas eu la réforme des retraites qui a laissé au travail beaucoup de seniors. Mais là, il n’y pas moyen de faire autrement sauf en explosant le système de retraites.

Cette baisse est-elle un passeport vers la présidentielle ?

Non. D’abord parce que l'histoire montre que si la hausse du chômage est un handicap politique, la baisse n’est pas un atout – Jospin l’a expérimenté. Ensuite, le quinquennat se solde pour l’instant par 600.000 demandeurs d’emploi supplémentaires. Enfin parce que si on totalise l’ensemble des personnes qui sont inscrites pour une raison ou une autre à Pôle Emploi, on arrive à 6,5 millions. Avec d’éventuels conjoints, cela en fait plus de dix millions qui souffrent de sous-emploi. L'inversion de la courbe, c'est juste mieux que si c'était pire.

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