Cela bouge à Téhéran. Le système bancaire de la république islamique vient de subir plusieurs changements. Et ils ressemblent à un grand ménage.

Le pouvoir de la Banque centrale d'Iran sur le système financier du pays et, notamment, ses banques privées, a été particulièrement augmenté
Le pouvoir de la Banque centrale d'Iran sur le système financier du pays et, notamment, ses banques privées, a été particulièrement augmenté © AFP / Fatemeh Bahrami / ANADOLU AGENCY

À force de suivre des actualités très françaises comme la réforme du Code du Travail... Ou avant tout occidentales comme la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole, on en oublierait presque de regarder ce qu’il se passe en Iran. Or, cela bouge à Téhéran. Tout en poursuivant son bras de fer avec Washington ou les pays sunnites du Golfe, l’Iran poursuit la transformation de son économie afin de renforcer ses liens avec la communauté internationale et d’attirer des investisseurs. Le système bancaire de la république islamique vient de subir plusieurs changements. Et ils ressemblent à un grand ménage.

Qu’est ce qui ne fonctionnait pas ?

Il tourne en vase clos depuis 45 ans. Avec un manque de rigueur auquel le régime ne nous a pas habitués. La finance iranienne était constellée d’institutions illégales, pratiquant des taux de crédit très supérieurs à ceux des banques publiques, avec des centres de décision échappant à toute régulation et souvent une affiliation à des groupes politico-religieux comme les Pasdarans, le corps paramilitaires des gardiens de la révolution.

Juste après la réélection du président réformateur Rouhani, l’appareil d’Etat a donc lancé une opération « mains propres ». Le gouverneur de la banque centrale annonce qu’il ne reste plus que trois de ces banques parallèles, d’ailleurs en cours de fermeture.

Parallèlement, Hassan Rouhani vient de transmettre aux députés deux textes de réformes :

  • l’un pour renforcer les pouvoirs de la banque centrale,
  • l’autre pour instituer dans ce système bancaire de nouvelles pratiques concernant les niveaux de capital et de liquidités ou la gouvernance.

Tout cela aussi en vue d’offrir un cadre plus clair aux filiales de banques étrangères.

Elles vont saisir la perche ?

Oui, surtout en Asie. Certes, les réformes doivent encore être approuvées par le parlement et ratifiées par le Conseil des gardiens de la Constitution. Mais si tout aboutit, ce sera l’occasion pour des banques non-iraniennes de s’ancrer dans ce marché de 80 millions d’habitants, dont les réserves d’hydrocarbures, mais aussi les besoins en matière d’infrastructures et de biens d’équipement ou de consommation, en font rêver plus d’un.

Et à ce jeu, la menace de sanctions de Washington inhibant Américains et Européens, les Asiatiques prennent donc de l’avance. L’Exim Bank, l’agence de crédit à l’exportation de Corée du Sud, a signé hier un accord de 8 milliards d’euros pour financer des projets dans la république islamique. L’ambassadeur de Chine en Iran, lui, a déclaré mi-août que le canal de nouveaux financements entre Pékin et Téhéran était ouvert.

Les Occidentaux pourraient vite mesurer combien l’exécutif iranien est déterminé à trouver de nouveaux bailleurs de fonds. Et surtout des alternatives au dollar.

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