L’événement people de la semaine est évidemment, vendredi, le mariage très pricnier de Kate et William. Un évènement économique aussi ?

Un lundi de Pâques à 7h20, le chroniqueur économique que je suis fait des efforts pour ne pas traiter un sujet trop rébarbatif ! Non, bien sûr, un mariage princier n’a pas les effets économiques d’une Coupe du Monde de football ou de Jeux Olympiques –d’ailleurs prévus à Londres l’an prochain. Les centaines de millions de mugs frappés du visage des amoureux et le trajet en carrosse entre Westminster et Buckingham Palace ne suffiront pas à relancer la croissance. Même si une étude publiée hier estime que les touristes dépenseront 120 millions d’euros à Londres. Mais s’il n’y a pas d’effet économique, peut-on en attendre un effet catharsis ? Autrement dit, l’événement, en offrant au monde entier l’image de la jeunesse, du sourire de Kate et William et des foules massées le long du cortège, va-t-il permettre aux Britanniques de sortir du désarroi qui est le leur depuis que leur modèle économique et social s’est fissuré dans la crise ? La force des symboles est immense : la simple arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche avait incarné une nouvelle Amérique après la fin de règne pathétique de Georges Bush. Mais on le sait, au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis, ces moments-là n’offrent (hélas) qu’une parenthèse.

Quelle sera la situation économique post-mariage de Kate –si l'on peut dire ? Le champagne de la noce ne peut pas faire oublier la gueule de bois après la chute du blairisme et de la finance triomphante. L’économie en est toujours à panser ses plaies. Quand on regarde les chiffres, la situation se redresse, c’est vrai. La croissance tournerait cette année autour de 1,7%. Mais l’activité sera encore loin d’avoir simplement retrouvé le niveau d’avant-crise. Le taux de chômage est de 7,8% de la population active, c’est moins qu’en France. Mais, chez nos voisins, c’est un record. Et la hausse des prix dépasse 4% -là, un vrai record en Europe. Tout ceci expliquant cela, le pouvoir d’achat des Britanniques a reculé l’an dernier, pour la première fois depuis 1981. Bref, on comprend que les Anglais soient moroses.

Ils ont pourtant accueilli favorablement les premières décisions, drastiques, du gouvernement conservateur. Le gouvernement de David Cameron leur a promis, selon la formule éculée à force d’avoir servie, du sang, de la sueur, et des larmes. Oui, mais on rentre dans le dur maintenant. Hausses d’impôt massives, coupes claires dans les dépenses publiques, le gouvernement a dû faire une pause dans sa réforme du service national de santé. Des centaines de milliers de manifestants l’ont fait reculer fait mars. Sur tous ces sujets, on n’a jamais entendu, évidemment, les futurs Royals s’exprimer ! Mais sur le plan économique, lundi, le pays repassera du doré au gris.

Au moins, est-ce ce mariage sera une bonne affaire pour les chaînes de télévision françaises qui le retransmettront ? Même pas sûr ! Noblesse oblige, la BBC mettra gratuitement ses images à disposition. Mais TF1 comme France 2 ne trufferont pas la cérémonie d’écrans de publicité. Il y en aura moins que d'habitude donc ! Au total, et même s’il y aura quand même des parrainages, ce ne sera pas l’affaire du siècle. Définitivement, il est inutile de chercher l’angle économique !

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