Une question simple ce matin, que vous adressez à François Hollande : « et maintenant ? »

Et maintenant ? Parce qu’une séquence se referme, des portes claquent et une ligne s’affirme. Le vote du mariage pour tous n’est pas la seule page qui se tourne. La réforme du marché du travail est presque votée au Parlement, c’est une question de jours. Le scénario sur les finances publiques est connu depuis la semaine dernière. Hier enfin, le gouvernement a enterré l’idée invraisemblable d’une amnistie pour les dégradations, renvoyant le Front de Gauche dans ses buts. En ensuite, dans quatre mois, fin août- début septembre, il y aura le Budget 2014 puis une réforme des retraites. Mais, effectivement, entre les deux, maintenant et l’automne, que faire ? That is the question.

Et François Hollande a deux possibilités.

La première est de ne rien faire et ce ne serait pas, disons-le, une bonne idée. Vous vous souvenez, le Président avait assuré à la télévision : tous les outils sont sur la table, pour la compétitivité et l’emploi ; Attendons (pourrait-il dire ce matin s’il était avec nous dans ce studio) que les mesures produisent de l’effet. Oui, d’accord (poursuivrait-il), les chiffres du chômage qui seront connus ce soir sont mauvais. Mais il faut du temps, et rien n’est possible en Europe avant les élections allemandes de septembre. Il pourrait dire tout cela et on a l’impression que c’est ce qu’il est tenté de proposer : donner le temps au temps.

Mais ce n’est pas la bonne solution ?

Non. François Hollande aurait tout intérêt, au contraire, à faire sienne cette maxime légendaire de Foch : « ma droite est enfoncée, ma gauche cède ; tout va bien, j’attaque ! ». Il est au plus bas dans les sondages, la conjoncture est désastreuse, il n’a rien à perdre, un an sans élections, c’est le moment d’agir, de surprendre, d’avoir de l’imagination – ce qui manque le plus à cette équipe –, de déplacer les lignes. Sur le plan européen, la France parle sans cesse de grands projets à financer, qu’elle dise lesquels et qu’elle fasse la tournée des capitales pour convaincre ; au lieu de grogner, de grommeler, contre l’Allemagne sans proposer autre chose. Le gouvernement cherche-t-il comment décoincer l’économie sans que cela lui coûte un sou ? A Bercy, Pierre Moscovici a reçu il y a un mois un rapport de l’Inspection des Finances qui chiffre les gains qu’il y aurait à ouvrir les professions règlementées (notaires, conseils etc.). Annoncé il y a un mois, le choc de simplification a quant à lui fait pschitt pour l’instant ! De l’action !

François Hollande pourrait-il être tenté par ce choix ?

Tout est possible. Dans une interview ce matin, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture mais surtout proche du chef de l’Etat, explique qu’après un an de défensive et un peu de déni - ça il ne le dit pas, mais il le pense -, il est temps de passer à l’offensive, à l’investissement productif, au post-keynésianisme. Oui, laisser du temps au temps, c’est perdre du temps.

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