Les marchés financiers ont accueilli avec bonheur les résultats du 1er tour de la présidentielle.

Oui, si on n’avait pas peur de jouer sur les mots, on dirait que c’est un plébiscite. A la Bourse de Paris, hier, le CAC 40 a grimpé de plus de 4%, sa plus forte hausse depuis deux ans. Au cours de la journée, l’indice parisien est même revenu à un moment à un niveau inconnu depuis neuf ans, mais cela n’a pas duré. Bref, les investisseurs parient sur la victoire d’Emmanuel Macron au second tour. Alors, c’est tentant de se dire que c’est la preuve de ses liens avec la finance, surtout on sait que ce sont les valeurs bancaires qui ont le plus bondi, mais hélas pour le roman, ce n’est pas cela. Les marchés craignaient un second tour Le Pen-Mélenchon, et le Frexit, la sortie de la France de l’euro, ce n’est désormais pas le plus probable. Il est toujours intéressant de jeter un œil sur les notes d’experts internationaux. Partout, Macron est vu comme pro-business, pro-entreprise, européen et au total comme un centriste - le mot est moins affriolant que le « en même temps droite et gauche » officiel mais c’est bien cela. C’est le soulagement qui motive les Américains et Asiatiques, y compris ceux qui souscrivent les emprunts pour financer le déficit public français, et on en a besoin. Le soufflé va retomber mais il y a l’idée que quelque chose peut enfin bouger sur le front franco-allemand.

Bon, mais est-ce que tout cela, ce bond du CAC 40, est significatif ?

J’ai envie de vous dire que l’on s’en moque -et un autre mot me venait à l’esprit. Les marchés, qu’est-ce que c’est ? Ils ne représentent pas l’intérêt général, et c’est normal, ce sont juste des acheteurs et des vendeurs qui veulent gagner de l’argent. Attention donc à ne pas être dupe. La crise des subprimes a éclaté après cinq ans de hausse continue de la bourse de New-York. Mais si on va un peu plus loin, on voit que des actions qui se portent bien, cela veut dire des entreprises qui peuvent se financer et ne seront pas rachetées à prix bradé par des concurrents. Il y a quand même une corrélation entre la santé de l’économie et la Bourse. Bref, une hausse c’est mieux que si c’était une baisse, et c’est tout et cette hausse d’hier, on en a parlé 2 minutes, et cela ne mérite pas plus.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.