Edouard Philippe l'a écrit : un effort va être demandé aux contribuables pour la SNCF.

"Un effort va être demandé aux contribuables pour la SNCF" oui, mais sous quelle forme ?
"Un effort va être demandé aux contribuables pour la SNCF" oui, mais sous quelle forme ? © AFP / BORIS HORVAT

Cette phrase figure telle quelle dans la lettre qu'il envoyée hier aux syndicats. L’opposition et les réseaux sociaux sont partis en vrille contre une hausse d’impôt préparée en douce par le gouvernement pour financer la reprise par l’État de la dette de la SNCF. Démenti immédiat de Matignon : en fait, pas d’impôt en plus ; on doit donc comprendre qu'il n’y aura pas un impôt-SNCF par exemple payé par les automobilistes – avec pourquoi pas une vignette collée sur le pare-brise ; il n’y aura pas de CRDF – de contribution de remboursement de la dette ferroviaire comme il y a une CRDS – la contribution pour rembourser la dette de la Sécu créée en 1996 ! 

Mais alors, qui va payer la reprise d’une cinquantaine de milliards d’euros de la dette de la SNCF ? C’est cela qui est merveilleux avec la politique : on nous explique que personne ne va payer. Techniquement, ni vu ni connu j'tembrouille : c’est l’histoire du sapeur Camembert. Comme l’État subventionne aujourd’hui le ferroviaire à hauteur de 13 milliards par an, la reprise de dette allégera la SNCF du poids des intérêts à payer sur cette dette (un milliard et demi) et donc l’État aura moins à subventionner la SNCF – vous suivez ? 

Bref, nous sommes invités à comprendre que c’est de la tuyauterie. C’est à la fois vrai techniquement et totalement faux. Car changeons d’angle : chaque jour qui passe sans retour vers l’équilibre de la SNCF augmente sa dette et l’engagement du contribuable. D’où des mesures à prendre. Il n’y aura peut-être pas d’impôt estampillé SNCF, mais ce sont bien les impôts en général qui seront sollicités.

Alors qu’on vient d’apprendre du neuf sur la dette publique …

Eurostat a indiqué lundi que deux pays seulement sur les 28 pays européens ont vu, en 2017, leur dette publique augmenter. Le minuscule Luxembourg, dont la dette est égale à 23 % du PIB – c’est-à-dire rien. Et la France, dont la dette est passée l'an dernier de 96,6 à 97 % du produit intérieur brut. 

En clair, la France est absolument seule dans cette situation sur 28 parce que son déficit public, même en repli, reste élevé. Pour tous les autres pays, la dette publique a diminué. Naturellement, on peut se dire que le génie économique français a raison contre la médiocrité crasse de tous les autres pays. Mais disons que ce n’est pas la seule hypothèse et il paraît assez clair qu’Emmanuel Macron ne s’attaque pas vraiment à ce sujet.

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