Aujourd’hui, c’est le jour du chocolat.

Vous en avez acheté pour plus d’un demi-milliard d’euros en cette fin d’année. Les Français ne respectent plus rien. Le chocolat, ce n’est plus Pâques et ses œufs, c’est de plus en plus Noël où se concentre plus du tiers des ventes. C’est vrai qu’il manque un petit quelque chose après le foie gras, les huîtres et la dinde aux marrons.

Les chocolatiers en profitent. Les grands industriels aussi. Ils ne laissent rien au hasard. Les offres se multiplient, tout ça est soigneusement orchestré. Cela commence début novembre, il y a ensuite la frénésie des calendriers de l’Avent qui sont désormais truffés de chocolat. Les produits pour enfants font à eux seuls 20% des ventes de fin d’année. Au cas où vous l’auriez raté, sachez que Ferrero a multiplié les petits formats, à la fois déculpabilisants et à forte marge. Tandis que Nestlé a lancé pour le sapin des boules Smarties et des moulages à accrocher puis à décrocher pour les manger.

Y a-t-il assez de cacao pour fabriquer tout ce chocolat ?

Oui, mais à condition de le payer de plus en plus cher. La tonne de cacao dépasse en effet les 2.800 dollars, ça fait près de 3 dollars le kilo. 20% de plus qu’il y a un an, le niveau le plus élevé depuis plus de trente ans ! Le monde mange plus de chocolat qu’il n’en produit. Depuis cinq ans, la demande dépasse l’offre de quelques dizaines de milliers de tonnes par an. Les prix exploseraient s’il n’y avait pas six mois de stock.

D’où vient cette flambée du chocolat ?

Avec la crise financière, il s’était produit une rupture historique : la consommation mondiale de cacao avait baissé. Mais depuis, elle est repartie très fort, sur une pente de 2 à 3%. Comme pour le pétrole ou l’acier, ça vient des pays émergents. En Europe, nous n’augmentons plus nos achats de chocolat, on en est à 4 kilos et demi de cacao par an, mais en Asie au contraire, on en veut de plus en plus. Rassurons-nous, on n'en mange pour l’instant que 200 grammes par an, vingt fois moins qu’en Europe. Autant dire que la marge de progression est immense.

Or la production de cacao n’augmente pas sur un claquement de doigts. Il faut planter des cacaoyers et attendre des années que ça pousse. Ou que les planteurs de Côte d’Ivoire et du Ghana, qui font les deux tiers de la production mondiale, gagnent assez d’argent pour mieux entretenir les plantations. Nous sommes donc condamnés à payer plus cher notre chocolat. En somme, il se passe exactement la même chose pour le chocolat que pour l’automobile ou le tourisme : si tous les Chinois et tous les Indiens se mettent à consommer, rouler et voyager autant que les Américains, il nous faudra deux ou trois planètes Terre.

En attendant de les avoir trouvées, il faudra partager. Ca tombe bien : Noël, c’est le jour du chocolat, mais aussi celui du partage.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.