Le recul de la misère dans le monde, les vingt ans de l'euro et le dynamisme entrepreneurial en France : l'année 2018 ne se termine pas que par des mauvaises nouvelles.

Trois bonnes nouvelles, on a envie de dire « malgré tout ». Le climat, au sens propre et figuré, n’est pas à l’optimisme. Mais quand même. 

On va aller chercher la 1ère bonne nouvelle sur la planète. C’est la Banque mondiale qui nous l’a apportée cet automne : la misère continue de reculer. La proportion de la population vivant dans l’extrême-pauvreté, avec moins de 1,9 dollar par jour, est cette année à son plus bas niveau jamais atteint, en dessous de 9%. Cette proportion était de … 36% en 1990 et elle recule d’année en année. Le développement des pays émergents, d’abord en Asie, l’explique. 736 millions d’hommes, de femmes et d’enfants vivent encore dans cette misère, surtout en Afrique subsaharienne, qui est le continent qui malheureusement reste en dehors de ce décollage général, avec une démographie trop dynamique. 

Deuxième bonne nouvelle, en Europe.

C’est l’euro, qui aura vingt ans le 1er janvier et qui est toujours là. La monnaie unique lancée le 1er janvier 1999 a d’abord concerné les banques et les entreprises puis en 2002 la vie de tous les jours. Ce qui est remarquable est que ce projet imaginé par les dirigeants politiques qui ont connu la guerre sur notre continent, ce projet a survécu à la Grande Récession de 2008. Des pays aux histoires et aux cultures différentes, 300 millions de personnes, ont la même monnaie, c’est inédit dans l’Histoire. Certes, il y a des déceptions, la convergence économique entre pays est inaboutie, les pays du Sud de l’Europe, les buveurs de vin, s’en tirent moins bien que ceux du Nord, les buveurs de bière, l’euro peut être amélioré. Mais il reste le dernier grand projet européen.

Dernière bonne nouvelle, pour l’économie française.

On pourrait choisir bien des choses, mais on va rester sur un terrain directement économique : il s’agit du dynamisme des créations d’entreprise, prometteur pour les années à venir parce qu’il montre le désir d’agir des générations montantes. Depuis un an, 380.000 entreprises ont été créés, deux fois plus qu’en 2000 ; si on ajoute les micro-entreprises -les ex-auto-entrepreneurs, on s’approche des 700.000. Alors, bien sûr, on peut dire qu’il s’agit de chauffeurs Uber ou Deliveroo à leur compte au lieu d’être salariés et qu’il s’agit de reculs sociaux. Mais cette explication reste marginale et ne doit pas faire oublier la tendance positive qui est l’œuvre : l’énergie est là.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.