Ce matin, une question : le gouvernement est-il désinvolte sur la politique économique ? Et, en prime, une information.

Vendredi, on le sait, la Commission européenne a publié des prévisions économiques qui n'apportent pas des bonnes nouvelles. Sur la croissance, sur le chômage, sur les comptes publics. Curieusement, le gouvernement ne semble absolument pas inquiet, ne manifeste pas d'inquiétude. De tout cela, il a surtout retenu que Bruxelles fermera les yeux sur le dérapage du déficit public. Un proche d'un ministre le dit assez simplement : « ces prévisions nous permettent d'atterrir ». Cette sérénité étrange quand on considère qu'aucun des quatre engagements qu'avait pris François Hollande n'est et ne sera tenu.

Revue de détail...

Le gouvernement prévoyait 0,8% de croissance pour cette année, Bruxelles voit 0,1%. Le chômage devait baisser à la fin de l'année, le chef de l'Etat a dû reporter, en s'exprimant au Salon de l'Agriculture samedi, ce renversement de tendance à 2014. On continue. Le déficit public, croix de bois croix de fer, devait être scotché à 3% du PIB; ce sera plus. Quoi d'autre ? C'était promis, les impôts ne devaient plus augmenter après le coup de massue depuis l'été. Eh bien, samedi encore, François Hollande a expliqué qu'il y aurait pour l'an prochain (je le cite) d'abord des économies, subsidiairement des hausses d'impôt. Subsidiairement, l'oreille des contribuables traduit : les impôts augmenteront encore. Voilà trois révisions.

Vous en aviez annoncé quatre !

Oui, et une information. Il faut la chercher dans les petits tableaux annexés au document de la Commission européenne. Voilà : cette dernière évalue le niveau des dépenses publiques en France cette année à 57% de la richesse nationale, du PIB. Ça monte, et c'est plus qu’au pire de la crise. 57%, c'est un record pour la France, c'est le deuxième niveau le plus haut des Vingt-Sept européens et à un cheveu du record absolu détenu par le Danemark. C'est quasiment bien plus que la Suède ! Certes, Paris explique que Bruxelles n'a pas tenu compte de tout ce qui a été décidé etc. etc. Mais ces 57% étouffent le secteur privé et c'est la preuve, pour être gentil, d'une nervosité plus forte sur les hausses d'impôts que pour tenir les dépenses. Bref, le travail n'a pas commencé.

Comment s'adapter à cette situation ?

Avoir le fétichisme des chiffres, le 3% de déficit par exemple, serait idiot. Il n'a pas de sens économique. En revanche, on a l'impression d'une certaine nonchalance, le gouvernement est persuadé, se persuade, que la croissance va repartir. Le problème, c'est que Bruxelles voit un rebond, oui, mais pas suffisant pour faire baisser le chômage même en 2014.

Le gouvernement ne reste pas les bras croisés ...

Non, c'est vrai. Il a mis en place un plan compétitivité en novembre en encouragé l'accord social sur l'emploi du 11 janvier. Deux étapes clés, nouvelles. Bravo. Mais ces bons éléments de stratégie seront effacés s'il ne se réveille pas pour aller plus vite, s'il ne sort pas d'une certaine désinvolture.

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