Un scénario-fiction (enfin on espère) dans votre édito ce matin : et si la reprise économique n’était pas là ?

On n’en est pas tout à fait là, mais -oui- il y a eu hier un indicateur de conjoncture pas très bon, et qui intrigue beaucoup. Depuis trois mois, on attend la reprise, qui doit être inéluctable, comme la marée montante, comme le printemps après l’hiver, parce que le prix du pétrole baisse, que l’euro a baissé, que les taux d’intérêt sont bas. Or, que voit-on ? L’Insee a publié son indicateur du climat des affaires, en clair du moral des chefs d’entreprise. Eh bien, ce moral est à plat depuis quatre mois. Pour être précis, l’indice est à 94 alors que sa moyenne de long terme est à 100. En 2010-2011, il était à 110, vous voyez, on en est loin.

C’est inquiétant ?

Ecoutez, cette mauvaise nouvelle n’est pas définitive. Espérons que les mois à venir la démentiront. Dans une heure, on connaîtra le moral des ménages. Mais nous sommes déjà fin février et c’est décevant. Décevant, c’est le mot que les experts de l’Insee comme de Bercy avaient à la bouche hier. Rendez-vous compte : avec le pétrole, l’euro, le crédit d’impôt compétitivité, le Pacte de responsabilité, beaucoup de charbon a été mis dans la locomotive. Et cette locomotive devrait redémarrer, accélérer. Eh bien non. Alors, les experts cherchent des explications : les bonnes nouvelles se diffusent lentement dans l’économie. Par exemple, votre plein de carburant vous coûte moins cher, mais vous n’avez pas encore décidé quoi faire de cette économie. Pour les entreprises, même chose. Au total, l’Insee maintient sa prévision d’une croissance de 0,3% d’ici fin mars, mais c’est modeste.

Alors, qu’est-ce qui se passe ?

Difficile à dire. Est-ce la confiance qui fait défaut ? L’absence de projets d’investissement pour les entreprises ? Les ménages qui espèrent que les prix vont baisser avant d’acheter un logement ? Plus profondément, est-ce toujours la panne de compétitivité ? Un peu de tout cela. En tous cas, on sait que ces dernières années, tant le PIB global que la richesse produite par habitant ont été plats ou ont reculé en France mais sont dans le vert en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Que peut le gouvernement ?

Pour lui, c’est un double avertissement. Impossible désormais d’accuser l’extérieur. La bonne santé de l’Allemagne, le mieux en Espagne vont nous aider ! Et les politiques budgétaires n’ont plus d’effet négatif sur la croissance en zone euro depuis plus d’un an. En réalité, le tandem Hollande-Valls est face à ses responsabilités. Celles du passé : le tour de vis fiscal a assommé durablement la croissance, il faut du temps pour enclencher la marche arrière et elle n’est enclenchée que pour les entreprises, pas les ménages. Les responsabilités du présent : que faire du reste du quinquennat ? La tentation existe, surtout depuis le 49-3, de s’arrêter sur les réformes même si on prétend le contraire. A l’évidence, ce ne serait pas une bonne idée. En attendant ce soir, les chiffres du chômage de janvier.

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