Le redressement du groupe PSA-Peugeot Citroën confirme que, selon vous, la politique de l’offre, ça marche…

Ce n’est pas je le crois une facilité ou un raccourci éditorial. Il y a cinq ans le groupe automobile français était au fond du trou au bord du dépôt de bilan, pas assez compétitif, tourné vers la France et l’Europe. Depuis, PSA avait perdu 8 milliards d’euros. Eh bien, Carlos Tavares, le patron, a présenté les résultats 2015 avec le retour, plus tôt que prévu, aux bénéfices plus de un milliard d’euros, un chiffre d’affaires et des marges en hausse. Au total, le groupe a produit trois millions de voitures l’an dernier dont un million en France et a contribué à la balance commerciale de la France à hauteur de cinq milliards d’euros. Cette renaissance devra être confirmée, mais tout le monde a fait des efforts, salariés, entreprise l’Etat qui a mis au pot. Le redressement est lent, difficile mais en définitive, les efforts paient avec un bon diagnostic, quand on actionne les bons leviers et qu’on ne regarde pas dans le rétroviseur mais devant. Suivez mon regard.

Avec quels remèdes ?

Sur le plan social, la potion a été, c'est vrai dure : blocage des salaires, fermeture d’Aulnay, révision du temps de travail. Mais les efforts industriels ont été eux aussi massifs. Les usines ont été compactées, pour vendre les terrains non utilisés, les lignes de production ont été rationalisées, les fournisseurs ont été mis à contribution, des coupes ont été faites dans des activités superflues (le FC Sochaux), le nombre de modèles a été réduit de 46 à 38. Bref le coût de production de chaque voiture a été baissé de 730 euros. Enfin, PSA est aussi reparti en s’ouvrant les portes de la Chine et parce que, il faut le dire aussi, la demande de voitures a accéléré après des années noires.

Tout le monde est gagnant…

L’entreprise va pouvoir (et devoir) réinvestir sur les gammes Citroën et DS, pousser les feux à l’international. Les salariés auront une prime de 2.000 euros. Et l’Etat pourrait réaliser une jolie plus-value s’il cédait sa participation puisque le cours de l’action a pris de sacrées couleurs.

Au final, quelles leçons ?

Elles sont particulières et générales. Particulières: il n’y a jamais de fatalité dans l’industrie et l'automobile y compris tricolores. Générales : il n’y a jamais de fatalité dans l’économie y compris tricolore.

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